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29.05.2007
LE HAVRE FAIT FRONT !
Le Havre… Le Havre où je viens de passer quatre jours pleins à coller, tracter, boiter, parcourir rues et marchés.
Le Havre et cette 8ème circonscription de Seine-Maritime où se cristallisent en quelque sorte l’ensemble des problèmes qui, petit à petit, par accumulation et accélérations successives, minent notre pays jusqu’à laisser entrevoir sa disparition en tant que nation libre et indépendante : chômage, crise sociale, sous-équipement, insécurité chronique et immigration massive. Le Havre où flotte aux sommets des tours de plusieurs cités, comme celle de la Mare rouge, le drapeau algérien. Le Havre où tant de Français désespérés tentent de survivre.
C’est dans cette ville que son fondateur François 1er avait conçu comme un Havre de paix que celui qui se fantasme visiblement comme un nouveau roi, Nicolas Sarkozy, vient tenir meeting, descendant ainsi de son trône à peine après s’y être assis, pour endosser à nouveau le costume qui lui va le mieux, celui d’un politicien vorace aux ambitions omnipotentes.
C’est, en effet, un évènement sans précédent qui voit le Chef de l’Etat prendre la tête de son clan dans une campagne législative. Ce que veut Sarkozy, c’est à l’évidence que l’ensemble des pouvoirs soient réunis entre ses mains : l’exécutif c’est lui, les médias c’est lui, le pouvoir judiciaire, n’en doutons pas, ce sera lui, le Sénat lui est acquis, l’Assemblée le sera dans trois semaines… Pas une tête ne doit dépasser, aucun des leviers de responsabilités ne doit lui manquer.
Je crois que les Français n’accepteront pas longtemps ce hold-up permanent sur leurs libertés et sur leur souveraineté. J’ai la conviction que, dès le 10 juin, un certain nombre d’électeurs rejetteront l’illusion et la confusion. Je pense que de bonnes surprises nous attendent pour ces Législatives. Raison de plus pour que nous soyons tous mobilisés et ardents sur le terrain.
L’année prochaine, nous avons d’autres rendez-vous avec ces élections cantonales et municipales qui interviendront à un moment où le nouveau pouvoir verra s’accumuler au-dessus de sa tête les nuages de la déception et peut-être même de la colère. Ce sera pour nous un rendez-vous essentiel.
Pour l’heure, je l’écrivais jeudi : Législatives d’abord ! Pour ma part dès cet après midi, dès la fin de la réunion de campagne à laquelle je participe avec Bruno Gollnisch, je retourne au Havre, retrouver mes camarades militants. Sur le terrain.
Jean-François Touzé
29/05/07
11:35 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, législatives, normandie, le havre, jean-françois touzé, droite, france
24.05.2007
LEGISLATIVES D'ABORD !
Le balancier, inéluctablement, va revenir vers nous.
J’écris ces lignes au moment précis où tout semble se liguer pour concourir à notre affaiblissement et où les sondages nous prédisent des jours difficiles. Et alors ? C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière et, d’ailleurs, nous n’en sommes pas même au crépuscule même s’il ne fait pas de doute, et pourquoi le nier, qu’un cycle se termine.
Le balancier va revenir vers nous parce que déjà apparaissent les premiers signes d’énervement des Français face à la Sarko attitude, ses renoncements, les outrances de son début de règne, ses paillettes et ses gadgets, la nomination de ministres bobo-socialos, son empressement bruxellois, ses réponses dilatoires sur la Turquie, etc. Le balancier va revenir vers nous parce que nos compatriotes, instinctivement, refusent l’omnipotence de l’Etat RPR revisité UMP et que la pratique des pleins pouvoirs – politiques, économiques, médiatiques – réunis en une seule main leur est insupportable. Le balancier va revenir vers nous parce que Sarkozy ne possède aucune des clés susceptibles de déverrouiller les carcans qui étranglent la France : l’euro-mondialisme, l’immigrationnisme et le jacobinisme sclérosant.
Le balancier va revenir vers nous, mais à un rythme que nous ignorons et par un accompagnement que nous devrons rapidement susciter.
La logique des institutions est connue : donner une majorité au Chef de l’Etat nouvellement élu. Il nous faudra donc, pour les élections à venir, « faire avec » et… faire face. Il s’agit pour nous de convaincre le plus grand nombre possible de nos électeurs que le mandat en quelque sorte impératif qu’ils ont voulu donner au nouveau Président de la République, n’a de chances d’être rempli, ne serait-ce que pour une infime partie, qu’à condition qu’il existe un mouvement national fort ; que leur volonté ne sera respectée qu’à condition que le poids du Front puisse se faire sentir dès le mois de juin, faute de quoi les promesses, comme l’écrivait Victor Hugo, « s’envoleront là où va le vent des plaines ».
Ces électeurs qui nous ont quitté, certains, j’en suis sûr, probablement plus nombreux qu'on ne le croit, seront au rendez-vous que nous leur fixons les 10 et 17 juin. Les autres, nous devrons les reconquérir un à un. Puis viendra le temps d’en convaincre de nouveaux.
Nous le ferons à sept conditions :
La première est que nous nous rassemblions, dans le respect des sensibilités de chacun et sans exclusives sinon celle qu’exige l’efficacité politique.
La deuxième est que nous nous dotions le moment venu de structures refondées et de l’organisation renouvelée nécessaires à cette tâche.
La troisième est que nous renouions avec l’engagement et l’enracinement militants
La quatrième est que nous soyions capables de défendre un projet ambitieux, réaliste et crédible, dans le respect de nos fondamentaux mais adapté aux enjeux de ce début de vingt et unième siècle.
La cinquième est que nous sachions sortir de la confusion en réaffirmant notre appartenance à cette famille qu’est la Droite nationale, en refusant l’illusion du « ni droite ni gauche ». Nos valeurs, les principes que nous défendons, les idées force qui sous tendent notre combat sont de droite et cette droite qui est aussi populaire est nécessairement nationale.
La sixième est que nous définissions une stratégie de conquête du pouvoir, que nous nous y tenions et que nous en mettions en œuvre les modalités en prenant en compte la nouvelle donne politique et le retour à une bipolarisation que nous ne devons bien évidemment pas confondre avec le bipartisme.
La septième est que nous osions a nouveau désigner l'adversaire et ses hypostases: l'Islam conquérant, la dilution morale, l'internationalisme postcommuniste ou mercantile.
Que ces sept conditions soient réunies, et c'est une dynamique nouvelle qui nous portera.
La Droite nationale doit inscrire son action dans une démarche résolument conquérante à vocation majoritaire, ce qui ne doit pas nous mener à l’enfermement ni à l’autisme. Nous avons tout pour réussir : des femmes et des hommes qui, au-delà de l’éternel syndicat de défense des positions acquises, ont toujours placé l’intérêt national avant leur confort et leurs avantages personnels ; un corps de doctrine fondé sur le bon sens et les lois naturelles, ce qui n’exclut ni le pragmatisme ni la prise en compte des évolutions inévitables ; une foi qui nous habite en cette France dont nous savons qu’elle est aussi un principe spirituel ; un courant de sympathie à notre égard qui se développe dans les profondeurs du pays et qu’accompagne pour le renforcer un glissement de plus en plus fort de la société vers nos positions ; des cadres formés et aguerris par des années de combat politique dans l’opposition ; des talents avérés ou encore sous-exploités dont nous pouvons et pourrons être fiers.
Rassemblons-nous, organisons-nous, projetons-nous dans une stratégie claire et offensive, affichons nos ambitions collectives et, n’ayez aucun doute, n’ayez aucune peur, l’avenir nous appartient.
Pour l’heure, il nous faut, sur le terrain, par une action militante quotidienne et déterminée, loin de toute tentation mortifère et sans états d’âme, nous mobiliser pour ces Législatives. Les seules batailles perdues sont celles qu’on ne mène pas.
24/05/07
12:30 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, législatives, jean-françois touzé, sarkozy, jean-marie le pen, droite, normandie
23.05.2007
Jean-François Touzé candidat au Havre...
Comme en 2000 (élection législative partielle), en 2001 (cantonales et municipales) et en 2002 (législatives), Jean-François Touzé se présente à nouveau aux élections législatives au Havre. Il porte les couleurs du Front national dans la 8ème circonscription de la Seine-Maritime. Cette année, il est le seul candidat de la Droite nationale dans cette circonscription.
Jean-François Touzé et André Foucher (son suppléant) tiendront une réunion électorale au Havre vendredi 1er juin à 20 h. 30, Salle des fêtes Pierre de Coubertin (rue des Iris).
Site : FN 76
18:59 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, jean-françois touzé, jean-marie le pen, fn, normandie, le havre, droite
21.05.2007
Entretien avec Jean-François Touzé :
Le CHOC DU MOIS (en vente chez les marchands de journaux, 6 € 50) vient de publier un numéro consacré à l'avenir de la Droite nationale. Le dossier commence par un entretien avec Jean-François Touzé. A lire absolument...
POUR UN AGGIORNAMENTO DU FN
Jean-François Touzé est membre du Bureau politique du Front National et Conseiller régional d’Ile-de-France. Proche de Marine le Pen, Directeur du pôle Idées Image Communication pendant la campagne présidentielle, il n’a pas caché les réserves que lui inspiraient certaines orientations stratégiques. Il n’en reste pas moins un fidèle de la vice-présidente du FN.
Le Choc du mois : 2002 : Le Pen au second tour ; 2007 : il arrive quatrième avec 10,44 %. Merci qui ? Merci Marine ?
Jean-François Touzé : Chaque fois que survient un revers, la tentation est grande de désigner un bouc émissaire, en l’occurrence une brebis expiatoire… Je suis frappé de constater que les attaques qui ont été portées contre Marine sont venues soit de personnalités extérieures au Front, soit de cadres dont l’implication dans cette campagne avait été pour le moins discrète. Ceux qui sont demeurés l’arme au pied, ceux aussi qui se sont tus, négligeant, sans doute par timidité, de porter la critique quand et où il était nécessaire de le faire, ne me semblent pas les mieux placés pour critiquer une directrice stratégique qui a eu, en tout cas, le mérite d’accepter une responsabilité majeure quand d’autres choisissaient le confort de leurs positions au sein de ce qu’il faut bien nommer une nomenklatura.
Il n’y a donc pas eu d’erreurs stratégiques ?
Je n’ai pas dit cela. J’ai été un des rares dirigeants du FN à mettre en garde les différents acteurs de la campagne contre des glissements qui me semblaient de nature à brouiller le message. Je n’ai jamais été partisan de ce que certains ont cru bon d’appeler le « gaucho lepénisme ». J’ai la conviction qu’au-delà de notre électorat fidélisé d’origine populaire mais « droitisé », nos segments de progression les plus importants se situent dans les classes moyennes, les commerçants, les artisans, les patrons de PME, autrement dit l’électorat traditionnel de la droite nationale. Une partie de ces électeurs, parce que Sarkozy a fait devant eux la danse des sept voiles, en leur parlant de nation, de travail, de famille, tandis que nous semblions les délaisser, s’est momentanément éloignée de nous. Je persiste à regretter que nous n’ayons pas d’avantage adressé à cet électorat les messages spécifiques qu’il attendait.
A propos de ce qui fait polémique, et, en particulier les appels du pieds vers un illusoire électorat FN issu de l’immigration qui n’existe qu’à la marge, je voudrais rappeler que Marine n’était pas à l’origine du déplacement sur la dalle d’Argenteuil, et que le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne s’est pas réjouie de la venue de Dieudonné aux BBR, à un moment où nombre de cadres et pas des moindres, qui ne sont pas réputés être les plus modérés du mouvement, se déplaçaient à son spectacle ou même dînaient avec lui. Vous le voyez, rien, jamais, n’est simple, rien, jamais, n’est ni totalement noir ni complètement blanc.
Et l’échec de l’union patriotique ?
Par une formidable intuition politique, Jean-Marie Le Pen a voulu, dès le printemps 2006, organiser, derrière sa candidature, une union patriotique qui m’a d’emblée semblée de nature à créer les conditions d’une réelle dynamique. Cet espoir d’un rassemblement opérationnel tendu vers le succès de notre candidat ne s’est pas concrétisé. Je peux comprendre les réticences de ceux qui ont vécu dans leur cœur et dans leur chair les affres de la crise de 1998. Il me semblait cependant qu’il ne fallait pas être plus lepéniste que Le Pen et que, dès lors que ce dernier entendait, au nom de l’intérêt général, passer par-dessus l’amertume et les regrets, il convenait de le suivre dans cette décision. L’union patriotique n’a jamais pu être matérialisée ; je le déplore. Je ne doute pas cependant que d’autres occasions viendront.
L’explication de la captation de l’électorat par Nicolas Sarkozy pour expliquer l’échec du 22 avril n’est-elle pas un peu courte ?
Il ne s’agit pas de s’exonérer de nos propres responsabilités. Mais qui peut prétendre que le hold-up électoral – au demeurant de bonne guerre car c’est tout de même la loi du genre – opéré par Nicolas Sarkozy sur notre électorat droitier n’est pas la cause première de notre insuccès ? Je crois que notre diagnostic de départ était juste : les Français étaient excédés et à bout de patience. Mais cette envie de changement, de rupture, dont nous pensions légitimement qu’elle ne pouvait se manifester qu’en faveur d’un candidat extérieur au système, a poussé les électeurs à choisir au premier tour celui dont ils pensaient qu’il serait à même d’appliquer ne serait-ce qu’une infime partie du projet qui est le nôtre et dont ils étaient demandeurs. Dans beaucoup d’esprits, et on peut les comprendre, un peu c’est toujours mieux que rien. La tentation d’un vote pseudo utile a été plus forte que nos mises en garde.
Les scores électoraux de Jean-Marie Le Pen sont toujours très en deçà des 25 à 30 % de Français, selon les périodes, qui se disent en accord avec ses idées. Comment l’expliquez-vous ?
Nous n’avons jamais réussi à faire passer l’idée que nous serions aux responsabilités. A partir de là, nous atteignons les limites de l’épure protestataire, tandis que le champ de l’action continue de nous échapper. Dès lors, notre réflexion doit porter sur la rénovation du FN et de ses structures ainsi que sur la fonction du FN. Nous avons basé notre engagement politique sur l’idée que ça passe ou ça casse. Rien ne dit que ça passera, rien ne dit que ça cassera non plus. On doit étudier toutes les possibilités.
Le tout est de savoir s’il est possible demain d’arriver au stade où d’autres formations et d’autres responsables politiques pourraient s’agréger autour de lui, parce qu’il constituerait l’axe majoritaire de rassemblement. C’est l’objectif que nous devons mettre en avant, mais pour lequel il faut atteindre 20 à 25 %. Cela passe par un travail renouvelé de crédibilisation, encore et encore…
Et la présence militante sur le terrain, pour le moins discrète ?…
Je n’ai cessé de le répéter : la présidentielle, ce n’est pas seulement la rencontre d’ un homme et d’ un peuple, c’est aussi un appareil politique qui soutient un candidat et qui doit être présent sur le terrain de façon constante. Chacun voit bien que le FN, en particulier depuis1998, connaît une crise du militantisme et que ses carences sur le terrain sont désormais préoccupantes. Nous devons nous fixer comme priorités le développement de l’action militante, de la présence au quotidien sur le terrain et le retour de cet esprit de conquête qui n’est rien d’autre que le fameux esprit « frontiste » qui a fait notre force pendant tant d’années.
N’y a-t-il pas aussi des choses à revoir sur le plan doctrinal ?
Une doctrine, c’est quelque chose de fermé, de figé. Je préfère parler d’idées force. Mais on ne peut nier qu’il y ait travail à faire pour clarifier les positions du FN dans un certain nombre de domaines, par exemple les institutions, l’organisation territoriale de la France et la place des nos identités et de nos cultures régionales, le débat énergétique, la place de la France dans le monde, la Défense nationale… Sur l’Europe surtout: de quelle façon renégocier les traités ? Notre intention est-elle, oui ou non, de rester dans la zone euro ? Comment sortir du carcan imposé par la banque centrale et plus généralement par la Commission ? Quel est le degré de coopération que nous sommes prêts à accepter pour créer les conditions d’une organisation efficace des Etats continentaux et à quelles conditions ? Voilà des questions essentielles auxquelles il faut donner des réponses précises.
Cette rénovation du FN, quand aura-t-elle lieu ? Comment ? Et peut-elle avoir lieu avec Jean-Marie Le Pen à sa tête ?
Je crois que le prochain congrès peut être l’occasion d’opérer cet aggiornamento, et que le seul qui puisse l’effectuer, c’est justement Jean-Marie Le Pen, parce qu’il est Le Pen, et parce qu’il est le point d’équilibre. De quoi va-t-il s’agir ? De répondre d’abord à un certain nombre de questions stratégiques Il me semble tout aussi important d’aborder à cette occasion les questions organisationnelles, structurelles qui sont bien plus essentielles qu’on ne le croit. Il y a un certain nombre de scléroses dans l’appareil auxquelles on peut remédier.
Je le redis :c’est à Le Pen qu’il appartient d’initier cette rénovation afin de créer les conditions des succès à venir. Le Pen a toujours considéré que la seule légitimité du combat politique était d’arriver au pouvoir. S’il décide de se représenter, une fois encore, à la tête du Front national, c’est, me semble-t-il, parce que lui seul peut créer les conditions de la mutation dans la cohésion, en même temps que de la transition qui doit mener au choix du candidat – ou de la candidate – à la présidentielle de 2012.
Vous ne remettez pas donc en cause la stratégie de dédiabolisation ?
J’ai été dès 2002 l’un des initiateurs de la stratégie de dédiabolisation portée par Marine dans les médias. Cette dédiabolisation n’est rien d’autre que la mise en lumière de ce qu’est vraiment en train de devenir le FN, un parti à vocation gouvernementale, tourné vers la conquête du pouvoir pour répondre à l’appel de notre peuple et assurer la continuité du long chemin déjà parcouru par la France vers son destin qui est aussi et peut-être avant tout spirituel.
Certains veulent parler de normalisation politique. Après tout, pourquoi pas ? J’ai quant à moi la conviction que ce processus ne doit pas se dérouler sans un rappel de ce que sont les idées force du FN, ces fameux fondamentaux, cette armature qui est notre force. Alors oui à la dédiabolisation, mais oui aussi à la préférence nationale, à l’immigration zéro, à la défense des valeurs familiales et morales de la nation, au travail et à la patrie.
Je serai très clair : un FN diabolisé, c’est la certitude de la groupuscularisation à moyen terme. Un FN édulcoré, renonçant à ce qu’il est, c’est la désagrégation par aspiration capillaire dans le système. Comme toujours une autre voie existe et je vous invite à méditer ce que disait le chancelier Bismarck : « Dans une équation à deux facteurs, il faut toujours choisir le troisième. »
Etes-vous favorable à la tenue d’un « congrès d’Epinay » de la droite nationale ?
Je ne crois pas à la possibilité d’une confédération de la droite nationale, pas plus que l’on ne peut à mon sens envisager a ce stade un « congrès d’Epinay ». Le FN doit d’abord se renforcer, se réorganiser et affirmer dans le même temps sa volonté de s’ouvrir plus largement. Il nous faut recréer la dynamique initiée au milieu des années 80, de telle sorte que le FN redevienne comme un aimant, un pôle magnétique qui fera venir ou revenir à lui l’ensemble des composantes de la droite nationale.
La grande œuvre de Le Pen, c’est de n’avoir cessé de rassembler et de faire travailler tout le monde ensemble, au-delà des sensibilités des uns et des autres, en faisant sortir chacun de sa chapelle. Il y a eu, ces derniers temps, beaucoup de querelles de personnes et de susceptibilités froissées. Faisons en sorte que tout le monde puisse revenir dans cette grande maison. Il y a plusieurs pièces dans la maison du Père.
Vous-même aviez pourtant quitté le FN durant quelques années pour créer votre propre organisation…
Eh bien oui, j’ai connu la tentation de l’extérieur. J’en ai vite fait le tour. J’ai vite compris que seul un grand parti politique pouvait être efficace pour défendre les idées qui sont les miennes, et je ne peux qu’inviter ceux qui ont pu avoir cette tentation à revenir dans la famille. Je suis bien placé pour dire à ceux qui sont aujourd’hui à l’extérieur qu’il est temps de revenir à la maison.
La droite nationale peut-elle parvenir un jour au pouvoir ?
Si elle n’y parvient pas, au grand musée des rendez-vous manqués, nous aurons toute notre place. A condition que, dans cette France perdue, il y ait encore des musées.
Propos recueillis par Bruno Larebière
Cet entretien avec Jean-François Touzé constitue une introduction à un dossier vraiment passionnant réalisé par l'équipe de Jean-Marie Molitor et de Bruno Larebière qui mérite d'être lu par l'ensemble des cadres, militants et sympathisants de la Droite de conviction. Allez vite vous procurer ce numéro du Choc du mois chez votre marchand de journaux. Vous ne le regretterez pas...
18:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, jean-françois touzé, droite, fn, ump, france, identitaire
ENRACINEMENT MILITANT...
De retour du Havre où je viens de passer six jours en immersion profonde au sein de ma circonscription, retrouvant auprès de mes camarades la chaleur militante trop souvent absente du périmètre clodoaldien, et auprès du peuple la vérité des quotidiens difficiles, je me sens conforté dans ma certitude que c’est dans l’action permanente, obstinée, patiente et assidue, que se trouve la clé de la reconquête de cet électorat qui, le 22 avril dernier, s’est éloigné de nous. Cette 8ème circonscription de Seine-Maritime, qui cristallise la plupart des difficultés que connaît notre pays – chômage, précarité, immigration, insécurité, sous équipement – est pour moi une manière de catharsis où se rompt l’atonie d’une année étrange et se déchire le brouillard de la confusion. « Vers l’ouest compliqué, j’allais avec des idées simples »…
Je ne sais pas ce qui sortira des urnes les 10 et 17 juin prochains pour la Droite nationale. Il serait vain de nier que nous ne sommes pas depuis un mois sur une phase ascendante. Mais, au moment où resurgissent les manœuvres sondagières destinées à démobiliser nos électeurs par l’insinuation de l’inutilité supposée du FN, il est nécessaire de rappeler à chacun que l’avenir n’est pas écrit et que, repoussant tout fatalisme, c’est du travail, de la présence sur le terrain, de la capacité de convaincre et de l’enracinement militant que dépendent aussi les succès électoraux.
Au-delà de ces élections législatives où nous devons tout faire pour « sauver les meubles », ce qui est possible - et je ne doute pas que quelques vraies bonnes surprises sont à attendre dans de nombreuses circonscriptions -, c’est à une reconstruction militante du Front National et à un rassemblement dynamique de toutes les énergies dispersées que nous devons œuvrer. Aujourd’hui déjà, demain bien plus encore !
Jean-François Touzé
21/05/07
16:20 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, normandie, le havre rouen, identitaire, jean-françois touzé, fn
16.05.2007
CORNARDISATION...
Longtemps il fut question de « consensus mou », maladie du politiquement correct, apparentée au chancre de même purulence qui survient parfois après des rapports non protégés. La droite et la gauche, unies dans une même extase tantrique, voyaient leurs corps et leurs esprits se fondre au point de ne faire plus qu’un.
Puis vint Sarkozy, l’homme de la rupture et de la droite décomplexée, rejetant dans les ténèbres extérieures la gauche soixante-huitarde, ses pompes exécrables et ses mauvaises œuvres. Pas pour longtemps…
Peu importe que Bernard Kouchner soit, en définitive, nommé à la tête de notre diplomatie. Le seul fait que le nouveau Président de la République ait pu y penser suffit à notre bonheur. Nous n’aurons pas eu à attendre bien longtemps avant que le roi ne puisse être vu pour ce qu’il est : un petit homme nu, habité de sa propre gloire mais obsédé par son envie de plaire avant tout à ses adversaires, ce qui constitue, on le sait, la marque des âmes perturbées.
On me dira que Chirac, avec des équipes de droite, ayant fait, douze ans durant, une politique de gauche, pourquoi Sarkozy ne ferait-il pas une politique de droite avec des hommes de l’autre bord. A vrai dire, peu importe… Kouchner au Quai d’Orsay, ce sera, sans nul doute, l’agitation permanente de la politique du sac de riz et de l’ingérence même pas considérée comme un des beaux arts ; ce sera l’esprit de mai 68 et du journal Actuel adapté aux nécessités du Sarkoland triomphant ; ce sera l’alignement sur les positions américaines et la servilité dans nos relations internationales. Et après ? Quid novi sub sole élyséen ? Nous sommes bien dans une continuité où nulle rupture ne peut trouver de place.
Décidément, le quinquennat de Nicolas Sarkozy commence bien, placé d’emblée sous le double signe des paillettes de la jet set et du gadget boboïste.
Reste à connaître le degré de conscience de leur infortune que développeront, dans les jours qui viennent, les responsables et élus de l'UMP et, dans les mois qui viennent, les électeurs cocufiés.
Finalement, le balancier pourrait se remettre en route bien plus vite que nous ne l’avions imaginé.
Jean-François Touzé
16/05/07
08:00 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, droite, sarkozy, identitaire, france, jean-marie le pen
14.05.2007
SE RASSEMBLER...
Je lis ici où là que le revers essuyé par le Front National le 22 avril dernier devrait conduire les militants nationalistes, nationaux et identitaires à se regrouper ailleurs qu’au sein d’une formation politique afin de mener des combats différents et non électoraux. Vieille affaire, vieille tentation, vieille connerie.
Je ne nie pas l’importance du champ culturel ou métapolitique et je crois avoir aussi assidûment que d’autres fréquenté Gramsci. Je sais aussi ce que représente l’attachement au terrain et aux méthodes d’implantation, qu’il est vrai le FN a trop négligé depuis quelques années. Il n’empêche : les tropismes groupusculaires, je l’écris d’expérience, ne mènent à rien. Les exemples ne manquent pas de tant de bonnes intentions et de géniales idées qui ont fini au cimetière des velléités disparues. Cela est si vrai que même l’extrême gauche anti libérale et alter mondialiste ressent comme une priorité d’unir collectifs et associations, tandis que la division chapellaire des trotskistes a toujours été soigneusement entretenue par la droite et par la gauche, pareillement intéressées à leur éparpillement.
Loin de moi l’idée de l’alignement et de l’uniformité. La droite nationale est multiple dans ses sensibilités. Elle peut demeurer diverse dans son action et ses méthodes. Le travail de chacun, le maillage géographique, thématique, social, etc. doit redevenir une priorité et pour cela, c’est entendu, que mille fleurs s’épanouissent ! Personnellement, je me réjouis de ce que font nos camarades identitaires comme je me félicite du travail patient et droit fait par tel ou tel au nom de la foi et des amitiés françaises. Il n’en demeure pas moins que seul compte ce qui paraît et que seul paraît ce qui compte électoralement.
Dans ces conditions, s’il est nécessaire de voir l’ensemble de la mouvance nationale s’enrichir d’initiatives qui seront autant de points d’appuis, il est indispensable, le moment venu, de se rassembler. C’est cela un Front et c’est la raison pour laquelle jamais nous ne nous sommes définis comme un parti mais bien comme un mouvement. Que des erreurs aient été commises, c’est une évidence. Que beaucoup aient eu le sentiment d’être enfermés dans une chape de plomb, c’est probable. Que nous ayons subi un échec, inutile de le nier. Et alors ? Ne sommes-nous pas, fidèles en cela à José Antonio, « insensibles au découragement » ?
Ce rassemblement que j’évoquais, chacun voit bien qu’il est indispensable aux combats de demain.
Il doit être bien compris qu’il est un éternel recommencement et que c’est quand tout semble s’arrêter que tout peut et doit repartir.
Jean-François Touzé
14/05/07
17:05 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, droite, identitaire, robert spieler, mnr, alsace d'abord, france
09.05.2007
IMPOSTURE !
L’histoire retiendra sans doute que, du Fouquet’s à l’Ile de Malte, de la Concorde au jet privé puis au yacht pour milliardaires, de Fodel à Bolloré en passant par Bouygues, Lagardère, Dassault et Pinault, Nicolas Sarkozy aura délibérément voulu placer son quinquennat sous le signe non pas de la France d’en haut mais de la France d’ailleurs, celle qui ne se lève pas tôt le matin, pour reprendre une formule qu’il affectionnait aux temps anciens et déjà curieusement lointains où il n’était que candidat, cette France faisandée des copains et des coquins auxquels il s’apprête à renvoyer l’ascenseur.
Nous voilà prévenus : les cinq années qui viennent seront celles du pouvoir triomphant de la droite caviar. Nul doute que les décisions gouvernementales à venir renverront au peuple français le juste reflet de cette apparence de changement à laquelle il a voulu croire et qui n’était rien de plus que la projection hologrammique de cette angoisse nationale que le président de l’UMP a si bien su capter parce qu’il en avait compris l’ampleur et en avait perçu le sens profond, puis par un habile tour de passe-passe, l’avait faite sienne pour mieux la détourner vers ses propres ambitions.
Certains de nos amis se sont étonnés que je puisse considérer qu’en écartant Ségolène Royal, les Français avaient fait l’économie du pire. Je persiste et je signe !
Ecrire qu’une nouvelle catastrophe socialiste nous a été épargnée, ce n’est, bien évidemment, pas considérer que la moindre chance de redressement nous soit donnée par l’arrivée aux affaires (quel mot adapté…) de Sarkozy et des siens. C’est tout au plus se féliciter de ce que Julien Dray ne soit pas ministre de l’Intérieur, qu’une nouvelle vague massive de régularisation de clandestins ne soient opérée, que les jurys populaires crypto soviétiques ne soient pas instaurés, etc. C’est aussi considérer, de manière tactique et résolument cynique, que Nicolas Sarkozy, chef de l’opposition cinq années durant, aurait pu lancé sur notre électorat une OPA bien plus dévastatrice qu’il ne l’a fait ces derniers mois. A l’inverse, la présidence Sarkozy se révèlera rapidement aux yeux les plus obscurcis pour ce qu’elle est : une imposture. Les Français pourront alors se tourner vers nous, d’autant plus aisément qu’ils auront le sentiment d’avoir été bernés, qu’il leur apparaîtra alors que le roi républicain était tout aussi nu que l’était son prédécesseur et que les vraies solutions, les seules à vrai dire, étaient ailleurs.
Je l’écrivais lundi : le balancier reviendra vers nous, mais il ne s’y arrêtera qu’à la condition expresse que nous sachions tirer les leçons du revers du 22 avril et que nous nous donnions les moyens programmatiques, humains, politiques, moraux, structurels, organisationnels et surtout militants de redevenir la grande force politique attractive et conquérante que le Pays attend.
Jean-François Touzé
09/05/07
17:30 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, ump, droite, france, présidentielle, jean-marie le pen
07.05.2007
REPARTIR ET RECONQUERIR...
Le pire a été évité et la France fera, cette fois, l'économie d'une nouvelle catastrophe socialiste. Je m'en félicite.
Et maintenant ? Cette expérience ultime d'un Président de droite, issu du système et si évidemment emblématique de celui-ci, parvenu au pouvoir suprême dans la confusion d'une campagne étrange tissée d'habileté, ornée d'apparence mais vide de toute vérité, sans doute était-il nécessaire que les Français la fassent, pour qu'enfin, dans un an ou dans cinq ans, quand viendra le temps du reflux, de la déception et de la colère, ils se tournent enfin vers nous.
Nicolas Sarkozy, et je le déplore pour le bien général que toujours j'ai voulu faire passer avant l'intérêt partisan, ne peut réussir dans la mission que lui ont confiée nos compatriotes. Car c'est bien un mandat qui lui a été donné. Mandat d'appliquer, ne serait-ce qu'une partie même mince, même incomplète, du programme de salut public proposé par le Front National. A tort ou à raison, les électeurs ont, en effet, considéré le 22 avril dernier que Jean-Marie Le Pen ne pouvant être élu à la tête de l'Etat, mieux valait qu'une partie de son projet soit appliquée et mise en œuvre par un autre. Le vote Sarkozy a été, pour une large part, un vote Le Pen par détournement, organisé mais aussi accepté par les électeurs. La déception n'en sera que plus grande.
Le nouveau Président ne détient, en effet, aucune des clés nécessaires à l'ouverture des portes qui mènent à la reconstruction nationale. Incapable de remettre en cause le carcan de la commission de Bruxelles, d'enrayer la mécanique mondialiste du libre-échangisme, de sortir de la logique immigrationniste, celui qui se prépare à rejoindre l'Elysée est d'ores et déjà entré dans la chronique d'un échec annoncé.
La droite nationale vera-t-elle pour autant revenir mécaniquement vers elle le balancier de l'histoire ? Pour une part, oui, sans doute et, au-delà des prochaines élections législatives où il s'agira pour nous de faire face à la logique institutionnelle qui veut que l'on donne une majorité au Président nouvellement élu, le Front National sera rapidement en mesure de récupérer un pourcentage non négligeable de ceux de ses électeurs qui s'en étaient éloignés et qui viendront renforcer le socle solide et, je le crois, inentamable des presque quatre millions de Français qui ont voté Le Pen au premier tour.. Nous ne pouvons pourtant pas nous en contenter.
La seule légitimité du combat politique, c'est l'accession au pouvoir. Et c'est ce à quoi nous devons nous préparer, même si et probablement parce que nous venons, inutile de le nier, d'essuyer un revers qui n'est pas mince. Nous en connaissons les raisons extérieures qui tiennent à la séduction opérée par la danse des sept voiles menée par Sarkozy, des mois durant vers notre électorat droitiste que nous n'avons pas su conserver. Des raisons internes existent aussi et nous ne pourrons faire l'économie d'une réflexion sur notre organisation, nos structures, notre stratégie.
Dès à présent, nous devons pourtant reprendre la route et le combat pour la bataille des législatives qui commencent. Nous devons le faire avec ardeur et détermination.
Les militants du Front National doivent savoir que, collectivement et individuellement, ils détiennent une part de notre avenir et qu'il n'est rien de plus urgent aujourd'hui que d'opérer un retour résolu sur le terrain. C'est aussi en nombre d'affiches collées, de tracts boités, de marchés visités que se joue une élection. Le moment est venu, et je ne cesserai de le dire, dans les prochains mois, de refaire du Front National le grand parti militant, attractif, magnétique, offensif, rassembleur et conquérant dont la France et les Français ont besoin. Inutile de pleurer sur le lait renversé et les batailles que l'on n'a pas gagnées. Seul compte l'avenir et, on le sait, il commence, non pas demain, mais aujourd'hui.
Jean-François Touzé
07/05/07
11:35 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, droite, jean-marie le pen, france, présidentielle
02.05.2007
Rendez-vous lundi prochain avec Jean-François Touzé....
Pendant toute la campagne présidentielle, Jean-François Touzé avait été obligé, faute de disposer du temps nécessaire, de suspendre la rédaction de son éditorial politique.
Mais, à partir de lundi prochain 7 mai, vous pourrez retrouver régulièrement sa chronique sur son site.
11:15 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielle, Jean-Marie Le Pen, sarkozy, paris, ump, udf




