24.06.2008

Pouvoir d'achat : COMMUNICATION ET MYSTIFICATION...

Communiqué de presse de Jean-François Touzé, conseiller régional d'Ile-de-Fance, porte-parole de la Nouvelle Droite Populaire :

ALeqM5j9C4xH33WTOitP2GNfhgnh0zcIzg.jpgLe lancement par François Fillon d’une campagne publicitaire chiffrée à 4,4 millions d’Euros et destinée à convaincre nos compatriotes que le gouvernement agit en faveur de leur pouvoir d’achat constitue une marque supplémentaire de l’invraisemblable mépris dans lequel le pouvoir tient le peuple français.

Peu importe le peu de réalité de son action en la matière. Ce qui importe au gouvernement c’est de mystifier les Français en les persuadant que le placebo sarkozien vaut traitement médical. Les Français mourront certes, mais grâce à la communication gouvernementale, persuadés d’être guéris.

21.06.2008

Plan Banlieues : TROP, C'EST TROP !

Communiqué de  presse de Jean-François Touzé, Conseiller régional d'Ile-de-France, porte-parole de la Nouvelle Droite Populaire :

Une fois de plus, avec le plan banlieues présenté par Fadela Amara, c’est l’argent du contribuable que l’on dilapide au nom d’une politique de la ville insensée et uniquement dictée par des considérations idéologiques.

Trop c'est trop! Malgré les milliards dépensés depuis vingt ans, cette « politique de la ville » n’a empêché ni la délinquance de croître dans les cités, ni la désocialisation des banlieues, ni la multiplication des incendies de voitures, de matériels urbains et d‘installations publiques, ni les nuits d’émeutes, chacune étant plus violentes que la précédente.

Au moment où le gouvernement assure, bien à tort, que son action porte ses fruits et s’enferme dans la thématique absurde de « l’immigration choisie », la réalité des banlieues impose qu’une toute autre politique soit menée, basée sur la fermeté devant les revendications des clandestins, leur expulsion effective, la surveillance des frontières, la réforme du code de la nationalité, la cohésion nationale et identitaire de la France, ainsi que sur une volonté globale des nations européennes d’apporter les solutions qui conviennent au problème des flux migratoires.

19.03.2008

"OUVERTURE" BIS

En notant que le mini-remaniement gouvernemental qui vient d’être opéré au lendemain de Municipales catastrophiques pour l’UMP marquait un coup d’arrêt à la politique entreprise par le Président de la République depuis huit mois d’ouverture à gauche, les commentateurs font une grave erreur d’analyse.

L’« ouverture » continue bel et bien, avec le maintien, au-delà de quelques jeux de chaises musicales, de l’ensemble des ministres issus de la gauche et l’arrivée de quelques faux-nez de la droite qui portent haut et fort les « valeurs » et les principes du camp dit progressiste.

A quoi bon, en effet, désigner au gouvernement un Jack Lang ou un  Claude Allègre, quand il suffit de confier le dossier de la famille à une Nadine Morano, qui n’a jamais caché être partisane du mariage homosexuel et d’une évolution de la loi sur les problèmes de bioéthique ou d’euthanasie, et un Yves Jégo, farouche défenseur du droit du sol et du vote immigré ? 

Une fois de plus, c’est vers la gauche qu’incline dangereusement un gouvernement supposé droitiste de cette République à bout de souffle.

Et si l’on sait que l’on tombe toujours du côté où l’on penche, il arrive aussi que l’on s’effondre à cause de ce même côté soudain devenu trop pesant.

 

Jean-François Touzé

19/03/08 

 

17.03.2008

NOUVELLE DONNE, OFFRE NOUVELLE...

Pour être par tradition carthaginoise, la mauvaise foi n’en aura pas moins été, à l’occasion de ce second tour des élections municipales, la chose du monde la mieux partagée, et ce sur l’ensemble des rives du monde politique.

Mauvaise foi de l’UMP, de ses ministres et de ses petits marquis, refusant dans une unanimité orchestrée depuis l’Elysée de reconnaître l’ampleur d’une défaite à peine masquée par les demi-victoires de Marseille et du cinquième arrondissement de Paris.

Mauvaise foi du PS qui, enrobé des étoffes trompeuses de son succès, se croit autoriser à voir dans le raz de marée rose la marque d’un rejet par le corps électoral de ce qu’il avait adoré en avril et juin derniers, alors que ce sont, à l’évidence, outre les héliogabaleries sarkoziennes - et bien au contraire d’on ne sait quel refus d’une politique droitiste et volontaire -, la timidité de la rupture, la tiédeur des réformes, les reculs par rapport aux promesses faites – et en particulier faites au nom de valeurs et principes qui sont ceux de la droite nationale - qui ont conduit nos compatriotes, déçus et inquiets, à sanctionner le pouvoir en place.

Mauvaise foi des amis de Bayrou, tentant de faire oublier leur opportunisme congénital en le dissimulant sous de grandes considérations philosophico-politiques dignes des heures les plus glorieuses du MRP.

Mauvaise foi, enfin, d’une direction lepéniste qui, depuis huit jours, ne cesse de claironner « un rétablissement spectaculaire » du FN, là où, malheureusement, il n’y a qu’effondrement et chaos.

Il nous faut maintenant tirer les conséquences de ces élections. La première est que la gauche et l’extrême gauche, l’une faisant à l’autre la courte échelle et réciproquement, constituent une menace que nous ne devons pas négliger. Je suis de ceux qui pensent que la France et l’Europe ne se relèveraient pas d’une nouvelle expérience socialiste, surtout si elle devait être menée sous le regard vigilant de la LCR.

La deuxième est que l’UMP, comme jadis le RPR, continue de se voiler la face pour ne pas voir que seule la reconnaissance de la droite nationale, de ses propositions, de ses principes et de ses valeurs, est de nature à rendre confiance à son électorat, un électorat si proche du nôtre qu’il lui arrive de se confondre, comme on a pu le voir au printemps dernier.

La troisième conséquence est que les succès de demain, succès auxquels je crois de toute mon âme et de tout mon esprit, dépendent justement de notre capacité à nous organiser et à proposer aux Français une offre nouvelle, dans la fidélité à ce que nous sommes et à ce que nous croyons, dans la continuité des combats que nous menons depuis si longtemps, mais aussi dans la nécessaire évolution et la recherche politique des voies qui mènent aux responsabilités du pouvoir, qu’il soit local ou national. Une offre nouvelle qui corresponde à l’attente des cette masse de Français qui ont voté pour Nicolas Sarkozy en avril dans l’espoir qu’enfin s’opère une vraie rupture. Une offre nouvelle affirmant la nécessité de  l’autorité de l’Etat, de l’organisation des libertés individuelles, collectives et économiques, de l’équité sociale et de la construction d’une Europe de la puissance au sein de laquelle la France aurait un rôle moteur.

Pour la droite nationale, une page est tournée. Et rien de ce qui était dans cette page ne se rouvrira.  Ceux qui croient à je ne sais quel rafistolage, à je ne sais quel effet cathartique provoqué par l’arrivée de je ne sais qui, je ne sais comment et je ne sais pourquoi y faire, à la tête du Front, en seront pour leurs frais.

L’heure n’est même plus à l’union. Elle est au rassemblement.

C’est cette nouvelle offre politique que nous devons organiser avec tous ceux qui, au sein de la droite nationale et de la droite identitaire, veulent aller de l’avant sans vaine nostalgie, avec espoir et enthousiasme, dans le respect de chacune des sensibilités et des appartenances, dans la collégialité et, si possible, la fraternité militante.

 

Cela, nous devons le faire vite, avec prudence et raison, mais aussi volonté et imagination, et… sans nous retourner.

 

Jean-François Touzé

17/03/08 

11.01.2008

JUSQU' A QUAND ?

 

   

 

Il se voulait le Président du pouvoir d’achat, de la réussite économique et de la cohésion nationale. Huit mois après son élection, tous les indicateurs sont au rouge.

 

 

Le chômage ne baisse plus que marginalement, malgré les artifices statistiques dont use et abuse le pouvoir, tandis que les créations d’emplois reculent à nouveau. L’inflation éradiquée à la fin des années 80 revient au galop. La croissance est en berne et reste en France la plus faible de la zone euro. Le commerce extérieur affiche, avec 40 milliards d’euros, un déficit historique qui ne doit rien aux difficultés liées à l’approvisionnement énergétique, mais trouve sa source dans l’effondrement de nos capacités industrielles, nos retards technologiques, la vétusté de notre recherche, notre inadaptation aux besoins du marché mondial et notre manque de compétitivité.

 

 

Dans le même temps, l’insécurité, au-delà des décors Potemkine joliment dressés pour tenter de rassurer les populations, s’aggrave dans des proportions telles que la France fait désormais figure, aux yeux des voyagistes du monde entier, de pays du tiers-monde. Tiers-mondisation également de notre système de soins, dont un rapport récent a montré les carences tragiques.

 

 

Quant à l’immigration, que le gouvernement suive ou ne suive pas le rapport Attali qui prône son développement, elle apparaît comme le défi majeur des dix prochaines années, chacun voyant bien qu’au-delà de cette décennie, la France aura changé de nature.

 

 

Dans ces conditions, Nicolas Sarkozy peut continuer de plastronner, d’afficher sa belle joie de vivre et ses bonheurs à géométrie variable,de vanter les mérites de sa « politique de civilisation », les faits sont têtus et le mécontentement ne peut que grandir chez nos compatriotes qui ne savent depuis longtemps plus qui ils sont ni où ils vont.

 

 

Comment, à vrai dire, ne pas dresser un  parallèle entre ce début de mandat d’un Sarkozy fébrile et fragile et celui d’un Giscard d’Estaing qui, en 1974, fut élu avec les voix de la droite nationale afin d’en finir avec le gaullisme triomphant, puis s’empressa, multipliant les gadgets et les paillettes, dissimulant difficilement une vie privée qui n’avait rien de commun avec celle du fondateur de la Vème République, d’ouvrir sa majorité à gauche et finit par se perdre dans les abîmes de l’autisme et de l’aboulie ?

 

 

On sait comment cela se termina, Mitterrand incarnant à la fois le changement et la revanche d’un peuple qui se sentait méprisé.

 


Je ne souhaite pas cela à la France.

 

 

La question est donc d'ores et déjà posée de savoir, non pas si Sarkozy s'effondrera, mais quand ?

 

 

Une autre question se pose qui est corollaire à la première : la droite nationale sortira-t-elle à temps de l’évanescence pour apporter au Pays les raisons d’espérer et lui éviter ainsi une nouvelle catastrophe socialiste ?

 

 

Chaque jour compte et le rassemblement de tous devient dès lors un devoir national.

 

 

Jean-François Touzé

11/01/08

03.12.2007

NOTRE DEVOIR DE MEMOIRE...

Combien de fois, au cours de la campagne présidentielle, l’a-t-il dénoncé cette « mode exécrable de la repentance » ? Il s’agissait alors pour Nicolas Sarkozy de faire la démonstration de sa volonté de rupture avec Jacques Chirac, ses pompes compassionnelles et ses mauvaises œuvres anti-françaises, tout en séduisant l’électorat national.

 

La visite qu’effectue actuellement le Président de la République en Algérie n’en est que plus insupportable et plus humiliante pour la France et pour ceux de nos compatriotes qui n’ont pas oublié ce que signifie le terme de fierté nationale.

 

Quelle politique commerciale peut-elle, en effet, justifier les embrassades avec le sinistre Bouteflika ? Quels profits peuvent-ils conduire à feindre de ne pas entendre des injures qui, en d’autres lieux et dans d’autres bouches, auraient mené tout droit à la rupture diplomatique ?  Quels intérêts économiques, surtout, peuvent-ils supplanter le souvenir des nôtres, assassinés, massacrés, enlevés et torturés par le FLN ?

 

Les rues d’Alger, en même temps qu’y est réclamé l’assouplissement de notre politique des visas, bruissent de la volonté affichée par le pouvoir algérien d’entretenir un devoir de mémoire. La nôtre ne saurait être effacée par l’obsession mercantile des milieux d’affaires si proches, tellement proches, de celui qui oublie sans doute qu’avant d’être l’ami des patrons, il est le chef de l’Etat.

 

Jean-François Touzé

03/12/07

10.08.2007

PROMESSES ET OUBLIS...

6f886e241bf11100d37037eb70ce24e1.jpgOn se souvient de l’excellente technique soviétique qui consistait à aligner douze divisions de l’armée rouge là où la situation n’ en exigeait que quatre, puis à en retirer cinq en signe de bonne volonté.

Nicolas Sarkozy fait exactement l’inverse : il tient un petit quart de ses promesses électorales dans l’espoir de convaincre les Français que c’est l’ensemble de son programme qu’il met en œuvre.

Je ne sais si les électeurs seront dupes. Certains responsables politiques le sont ou feignent de l’être.

Eh bien non, Sarkozy ne tient pas ses promesses et la chose est tellement évidente, elle était si prévisible, que l’on a presque honte de l’écrire.

Ni sur les successions, ni sur le service minimum dans la fonction publique, ni sur les universités, ni sur l’immigration bien sûr, ni sur l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne où l’on attend toujours le veto de la France, le Président de la République ne tient ses promesses. Le ferait-il d’ailleurs que nous n’en serions pas plus heureux que cela, tant la perspective politique qui est la nôtre demeure éloignée de la sienne.

Je ne méconnais pas la part de ruse nécessaire à l’action publique et à son accomplissement. Il est cependant des finesses si légères qu’elles finissent par peser dangereusement sur l’embarcation.

Jean-François Touzé
10/08/07 


5f4723ad2e0b9280b4bd2ec230f76eec.jpgPS : Je me suis rendu mercredi dernier aux obsèques de Roland Gaucher. Je m’y suis rendu parce qu’il fut un militant exemplaire, qu’il fut mon Directeur pendant cinq ans aux débuts de National Hebdo, m’apprenant la rigueur et la maîtrise d’une plume que j’avais alors sans doute trop enthousiaste. Je m’y suis rendu parce qu’il fut, en dépit de la différence d’âge, mon camarade au Front National dont il était l’une des personnalités fondatrices.

Nous étions, Jean-Claude Varanne et moi, les deux seuls membres d’un Bureau politique auquel Roland avait appartenu quinze années durant. Cherchez l’erreur…

12.07.2007

Un entretien avec Jean-François Touzé dans la revue "Synthèse nationale"...

A lire absolument :

572d150dada26c7748aa702dd4d9d9d8.jpgDans la dernière livraison de la revue politique et culturelle Synthèse nationale (n°4 - été 2007 - 120 pages) vous pourrez lire un entretien de 15 pages avec Jean-François Touzé sur l'avenir de la Droite nationale..

Vous pouvez commander ce numéro (12 euros, chèque à l'ordre de NAC) à : Synthèse nationale - 116, rue de Charenton 75012 Paris ou en ligne sur le site : www.synthesenationale.com

18.06.2007

NON LE FRONT NATIONAL N'EST PAS MORT !

Pourquoi le taire ? C’est bien un petit désastre électoral que vient de subir le Front National. Personne, à vrai dire, ne pouvait ignorer, conformément à la logique institutionnelle renforcée depuis l’adoption du quinquennat, logique qui veut que l’on donne une majorité au Président nouvellement élu, qu’il serait difficile, six semaines seulement après l’échec de la Présidentielle, de s’opposer à la force redoutable de la mécanique sarkozienne.

Il serait cependant illusoire de rejeter la responsabilité de notre défaite sur de seuls éléments extérieurs – le talent de Sarkozy, son OPA électorale sur notre électorat, le vote « utile » face à Ségolène Royal, le retour d’un discours décomplexé dans la bouche d’un dirigeant de droite – comme il serait vain de se réfugier dans l’idée confortable et rassurante que le Front, finalement, ne traverserait qu’une mauvaise passe due aux circonstances dont il suffirait d’attendre qu’elles se transforment pour que se dégage un ciel provisoirement couvert.

Je ne doute pas que Nicolas Sarkozy décevra et que ses promesses, comme dans le poème de Victor Hugo, « s’envoleront là où va le vent des plaines ». Je ne suis pas sûr que le balancier reviendra pour autant vers nous de façon si automatique que le croient certains de mes amis, tant que nous n’aurons pas convaincu nos électeurs de l’utilité intacte du vote FN, autrement dit tant qu’ils ne percevront pas les signaux de ce qu’il faut bien appeler une refondation. Le statu quo, voilà l’ennemi !

Nous avons, il est vrai, gagné la bataille des idées. Ces mots longtemps tabous, ces concepts interdits, maniés par le Front National depuis plus de trente ans, sont aujourd’hui traduits dans le vocabulaire vernaculaire de la plupart des responsables politiques de notre pays, à commencer, bien sûr, par ceux de la majorité présidentielle : immigration, insécurité, dislocation sociale, délocalisations… Ces maux que nous avons été les seuls, « vox clamentis in deserto », à dénoncer sont désormais désignés comme autant de fléaux à combattre en priorité. Je ne doute d’ailleurs pas que, s’il existait une seule chance pour que le Chef de l’Etat et son Gouvernement apportent les solutions nécessaires à la reconstruction nationale, pas un seul dirigeant, pas un seul militant, pas un seul adhérent du Front National ne regretteraient que d’autres qu’eux soient en capacité de rendre à la France sa prospérité, de garantir son unité, de rétablir sa souveraineté.

Nous n’y croyons pas. Et c’est parce que nous n’y croyons pas que nous devons réfléchir à ce qui vient de se passer afin d’en tirer les leçons.

C’est à l’évidence une vraie crise de confiance qui s’est installée entre les électeurs et le Front National, même si j’estime quant à moi qu’elle n’est que passagère et largement due à la pratique politique de la Cinquième République et à la loi électorale. Une crise tout de même qu’a accélérée la récupération faite par Nicolas Sarkozy de nos thèmes et de nos mots, mais qui couvait depuis plusieurs années, sans doute depuis 2002. Qui a oublié les conditions effroyables dans lesquelles s’est déroulé le second tour de l’élection Présidentielle ? C’est ce happening général anti-Le Pen organisé quinze jours durant par le système tout entier qui a, incontestablement, conduit de nombreux sympathisants à penser que, décidément, seul contre tous, le Front ne parviendrait jamais à surmonter ses handicaps et que la voie du pouvoir lui était interdite. A quoi bon, dans ces conditions, voter pour un parti dont la fonction tribunicienne et protestataire s’émoussait et dès lors que la mise en œuvre des solutions qu’il préconisait semblait lui échapper ? La voie était ouverte pour que fonctionne pleinement le 22 avril dernier la méthode Sarkozy et que les électeurs se tournent vers un horizon plus immédiat, tandis qu’aux Législatives une grande partie d’entre eux se réfugiaient d’autant plus facilement dans l’abstention que les commentateurs n’avaient cessé de tympaniser les électeurs pendant toute la campagne, finissant de les convaincre que, le Front étant dans l’incapacité d’obtenir des élus, mieux valait finalement rester chez soi.

Je le répète, cette confiance ne nous est pas refusée par la seule magie d’un illusionniste de talent. Sans doute n’avons-nous qu’insuffisamment pu répondre à l’attente populaire et n’avons-nous  pas su nous doter de structures et d’une organisation à la mesure de nos ambitions. L’échec de ces Législatives peut et doit donc susciter en nos rangs un réflexe salvateur.

Je dis, en effet, que cette confiance égarée sinon perdue, nous pouvons la retrouver.

Nous le ferons aux cinq conditions que j’ai déjà eu l’occasion de formuler dans un édito précédent. Entre l’inconvénient qu’il y a à se répéter et celui de n’être pas entendu, il n’y a pas à hésiter. Je les reformule donc ici :

La première est que nous rassemblions toutes nos énergies, dans le respect des sensibilités de chacun et sans exclusives sinon celle qu’exige l’efficacité politique. Dans les combats politiques à venir, nous avons besoin de toutes et de tous.

La deuxième est que nous nous dotions le moment venu de structures rénovées, d’une méthode d’action repensée et de l’organisation redynamisée nécessaires à cette tâche.

La troisième est que nous nous fixions comme priorité de renouer avec l’engagement et l’enracinement militants qui furent notre seule richesse dans les années de traversée du désert et qui constituent cet esprit frontiste que beaucoup alors nous enviaient. C’est ce travail d’implantation mené par Steeve Briois dans le Pas-de-Calais, allié à la notoriété personnelle de Marine Le Pen et à une campagne de terrain acharnée, qui ont permis le succès d’Hénin-Beaumont.

La quatrième est que nous définissions une stratégie de reconquête de l’électorat, que nous nous y tenions et que nous en mettions en œuvre les modalités avec rigueur et patience.

La cinquième est que nous soyions capables de défendre un projet ambitieux, réaliste et crédible, dans le respect de nos fondamentaux, de nos principes, de nos idées force, mais modernisé et adapté aux enjeux de ce nouveau siècle en nous efforçant aussi de sortir de la confusion et en renouant avec notre identité politique : la droite nationale et populaire.

J’ajoute que, dans ce travail de reconstruction, nous devrons tenir compte des initiatives locales et identitaires qui se font jour, dans la mesure où celles-ci ne remettent pas en cause l’existence nationale de la France.

Le Front National doit, malgré les difficultés financières que nous allons devoir affronter, inscrire son action dans une démarche résolument conquérante à vocation majoritaire, en refusant l’enfermement, la nostalgie et l’autisme. Nous avons tout pour réussir : des femmes et des hommes qui, au-delà de l’éternel syndicat de défense des positions acquises, ont toujours placé l’intérêt national avant leur confort et leurs avantages personnels ; un corps de doctrine fondé sur le bon sens et les lois naturelles, ce qui n’exclut ni le pragmatisme ni la prise en compte des évolutions inévitables ; une foi qui nous habite en cette France dont nous savons qu’elle est aussi un principe spirituel menacé aujourd’hui comme ce ne fut que rarement le cas dans notre Histoire par la dissolution morale et par l’évidente menace sur notre civilisation de l’islam conquérant, du planétarisme mercantile ou de l’internationalisme postcommuniste ; un courant de sympathie à notre égard qui, paradoxalement, se développe dans les profondeurs du pays  et qu’accompagne pour le renforcer un glissement de plus en plus fort de la société vers nos positions ; des cadres formés et aguerris par des années de combat politique dans l’opposition ; des talents avérés ou encore sous-exploités dont nous pouvons et pourrons être fiers.

Il y aura  pour un temps, moins, beaucoup moins d’argent ; peut(être encore moins d’invitations médiatiques qu’auparavant ; moins, beaucoup moins de moyens… Et alors ? Nous ferons avec ce que nous aurons et nous le ferons peut-être mieux. Ceux qui, comme moi, ont connu le Front du début des années 80 se souviennent que nous devions acheter, personnellement, nos affiches pour coller, les timbres pour répondre aux demandes de docs que nous recevions rue Bernouilli, et que personne, jamais, n’aurait eu l’audace de demander un remboursement de plein d’essence quand nous devions aller prêter main forte à telle ou telle fédération.

Nulle place donc pour le découragement. Les élections municipales et cantonales qui s’approchent doivent constituer pour nous des objectifs majeurs, susceptibles de nous permettre dès 2008 de retisser un maillage politique national.

Pour cela, il importe qu’au Congrès de novembre à Bordeaux, Jean-Marie Le Pen soit réélu à l’unanimité à la tête du Front National pour un nouveau mandat qui devra être celui de la refondation, de la reconstruction et, sans doute, de la transition

 

Jean-François Touzé

18/06/07

 

 

21.05.2007

Entretien avec Jean-François Touzé :

fa2a21e3d7dd396c73a6aed8caea3c83.gifLe CHOC DU MOIS (en vente chez les marchands de journaux, 6 € 50) vient de publier un numéro consacré à l'avenir de la Droite nationale. Le dossier commence par un entretien avec Jean-François Touzé. A lire absolument... 

 

POUR UN AGGIORNAMENTO DU FN

Jean-François Touzé est membre du Bureau politique du Front National et Conseiller régional d’Ile-de-France. Proche de Marine le Pen, Directeur du pôle Idées Image Communication pendant la campagne présidentielle, il n’a pas caché les réserves que lui inspiraient certaines orientations stratégiques. Il n’en reste pas moins un fidèle de la vice-présidente du FN.

Le Choc du mois : 2002 : Le Pen au second tour ; 2007 : il arrive quatrième avec 10,44 %. Merci qui ? Merci Marine ?

Jean-François Touzé : Chaque fois que survient un revers, la tentation est grande de désigner un bouc émissaire, en l’occurrence une brebis expiatoire… Je suis frappé de constater que les attaques qui ont été portées contre Marine sont venues soit de personnalités extérieures au Front, soit de cadres dont l’implication dans cette campagne avait été pour le moins discrète. Ceux qui sont demeurés l’arme au pied, ceux aussi qui se sont tus, négligeant, sans doute par timidité, de porter la critique quand et où il était nécessaire de le faire, ne me semblent pas les mieux placés pour critiquer une directrice stratégique qui a eu, en tout cas, le mérite d’accepter une responsabilité majeure quand d’autres choisissaient le confort de leurs positions au sein de ce qu’il faut bien nommer une nomenklatura.

Il n’y a donc pas eu d’erreurs stratégiques ?

Je n’ai pas dit cela. J’ai été un des rares dirigeants du FN à mettre en garde les différents acteurs de la campagne contre des glissements qui me semblaient de nature à brouiller le message. Je n’ai jamais été partisan de ce que certains ont cru bon d’appeler le « gaucho lepénisme ». J’ai la conviction qu’au-delà de notre électorat fidélisé d’origine populaire mais « droitisé », nos segments de progression les plus importants se situent dans les classes moyennes, les commerçants, les artisans, les patrons de PME, autrement dit l’électorat traditionnel de la droite nationale. Une partie de ces électeurs, parce que Sarkozy a fait devant eux la danse des sept voiles, en leur parlant de nation, de travail, de famille,  tandis que nous semblions les délaisser, s’est momentanément éloignée de nous. Je persiste à regretter que nous n’ayons pas d’avantage adressé à cet électorat les messages spécifiques qu’il attendait.

A propos de ce qui fait polémique, et, en particulier les appels du pieds vers un illusoire électorat FN issu de l’immigration qui n’existe qu’à la marge, je voudrais rappeler que Marine n’était pas à l’origine du déplacement sur la dalle d’Argenteuil, et que le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne s’est pas réjouie de la venue de Dieudonné aux BBR, à un moment où nombre de cadres et pas des moindres, qui ne sont pas réputés être les plus modérés du mouvement, se déplaçaient à son spectacle ou même dînaient avec lui. Vous le voyez, rien, jamais, n’est simple, rien, jamais, n’est ni totalement noir ni complètement blanc.

Et l’échec de l’union patriotique ?

Par une formidable intuition politique, Jean-Marie Le Pen a voulu, dès le printemps 2006, organiser, derrière sa candidature, une union patriotique qui m’a d’emblée semblée de nature à créer les conditions d’une réelle dynamique. Cet espoir d’un rassemblement opérationnel tendu vers le succès de notre candidat ne s’est pas concrétisé. Je peux comprendre les réticences de ceux qui ont vécu dans leur cœur et dans leur chair les affres de la crise de 1998. Il me semblait cependant qu’il ne fallait pas être plus lepéniste que Le Pen et que, dès lors que ce dernier entendait, au nom de l’intérêt général, passer par-dessus l’amertume et les regrets, il convenait de le suivre dans cette décision. L’union patriotique n’a jamais pu être matérialisée ; je le déplore. Je ne doute pas cependant que d’autres occasions viendront.

L’explication de la captation de l’électorat par Nicolas Sarkozy pour expliquer l’échec du 22 avril n’est-elle pas un peu courte ?

Il ne s’agit pas de s’exonérer de nos propres responsabilités. Mais qui peut prétendre que le hold-up électoral – au demeurant de bonne guerre car c’est tout de même la loi du genre – opéré par Nicolas Sarkozy sur notre électorat droitier n’est pas la cause première de notre insuccès ? Je crois que notre diagnostic de départ était juste : les Français étaient excédés et à bout de patience. Mais cette envie de changement, de rupture, dont nous pensions légitimement qu’elle ne pouvait se manifester qu’en faveur d’un candidat extérieur au système, a poussé les électeurs à choisir au premier tour celui dont ils pensaient qu’il serait à même d’appliquer ne serait-ce qu’une infime partie du projet qui est le nôtre et dont ils étaient demandeurs. Dans beaucoup d’esprits, et on peut les comprendre, un peu c’est toujours mieux que rien. La tentation d’un vote pseudo utile a été plus forte que nos mises en garde.

Les scores électoraux de Jean-Marie Le Pen sont toujours très en deçà des 25 à 30 % de Français, selon les périodes, qui se disent en accord avec ses idées. Comment l’expliquez-vous ?

Nous n’avons jamais réussi à faire passer l’idée que nous serions aux responsabilités. A partir de là, nous atteignons les limites de l’épure protestataire, tandis que  le champ de l’action continue de nous échapper. Dès lors, notre réflexion doit porter sur la rénovation du FN et de ses structures ainsi que sur la fonction du FN. Nous avons basé notre engagement politique sur l’idée que ça passe ou ça casse. Rien ne dit que ça passera, rien ne dit que ça cassera non plus. On doit étudier toutes les possibilités.

Le tout est de savoir s’il est possible demain d’arriver au stade où d’autres formations et d’autres responsables politiques pourraient s’agréger autour de lui, parce qu’il constituerait l’axe majoritaire de rassemblement. C’est l’objectif que nous devons mettre en avant, mais pour lequel il faut atteindre 20 à 25 %. Cela passe par un travail renouvelé de crédibilisation, encore et encore… 

Et la présence militante sur le terrain, pour le moins discrète ?…

Je n’ai cessé de le répéter : la présidentielle, ce n’est pas seulement la rencontre d’ un homme et d’ un peuple, c’est aussi un appareil politique qui soutient un candidat et qui doit être présent sur le terrain de façon constante. Chacun voit bien que le FN, en particulier depuis1998, connaît une crise du militantisme et que ses carences sur le terrain sont désormais préoccupantes. Nous devons nous fixer comme priorités le développement de l’action militante, de la présence au quotidien sur le terrain et le retour de cet esprit de conquête qui n’est rien d’autre que le fameux esprit « frontiste » qui a fait notre force pendant tant d’années.

N’y a-t-il pas aussi des choses à revoir sur le plan doctrinal ?

Une doctrine, c’est quelque chose de fermé, de figé. Je préfère parler d’idées force. Mais on ne peut nier qu’il y ait travail à faire pour clarifier les positions du FN dans un certain nombre de domaines, par exemple les institutions, l’organisation territoriale de la France et la place des nos identités et de nos cultures  régionales, le débat énergétique, la place de la France dans le monde, la Défense nationale… Sur l’Europe surtout: de quelle façon renégocier les traités ? Notre intention est-elle, oui ou non, de rester dans la zone euro ? Comment sortir du carcan imposé par la banque centrale et plus généralement par la Commission ? Quel est le degré de coopération que nous sommes prêts à accepter pour créer les conditions d’une organisation efficace des Etats continentaux et à quelles conditions ? Voilà des questions essentielles auxquelles il faut donner des réponses précises.

Cette rénovation du FN, quand aura-t-elle lieu ? Comment ? Et peut-elle avoir lieu avec Jean-Marie Le Pen à sa tête ?

Je crois que le prochain congrès peut être l’occasion d’opérer cet aggiornamento, et que le seul qui puisse l’effectuer, c’est justement Jean-Marie Le Pen, parce qu’il est Le Pen, et parce qu’il est le point d’équilibre. De quoi va-t-il s’agir ? De répondre d’abord à un certain nombre de questions stratégiques Il me semble tout aussi important d’aborder à cette occasion les questions organisationnelles, structurelles qui sont bien plus essentielles qu’on ne le croit. Il y a un certain nombre de scléroses dans l’appareil auxquelles on peut remédier.

Je le redis :c’est à Le Pen qu’il appartient d’initier cette rénovation afin de créer les conditions des succès à venir. Le Pen a toujours considéré que la seule légitimité du combat politique était d’arriver au pouvoir. S’il décide de se représenter, une fois encore, à la tête du Front national,  c’est, me semble-t-il, parce que lui seul peut créer les conditions de la mutation dans la cohésion, en même temps que de la transition qui doit mener au choix du candidat – ou de la candidate – à la présidentielle de 2012.

Vous ne remettez pas donc en cause la stratégie de dédiabolisation ?

J’ai été dès 2002 l’un des initiateurs de la stratégie de dédiabolisation portée par Marine dans les médias. Cette dédiabolisation n’est rien d’autre que la mise en lumière de ce qu’est vraiment en train de devenir le FN, un parti à vocation gouvernementale, tourné vers la conquête du pouvoir pour répondre à l’appel de notre peuple et assurer la continuité du long chemin déjà parcouru par la France vers son destin qui est aussi et peut-être avant tout spirituel.

Certains veulent parler de normalisation politique. Après tout, pourquoi pas ? J’ai quant à moi la conviction que ce processus ne doit pas se dérouler sans un rappel de ce que sont les idées force du FN, ces fameux fondamentaux, cette armature qui est notre force. Alors oui à la dédiabolisation, mais oui aussi à la préférence nationale, à l’immigration zéro, à la défense des valeurs familiales et morales de la nation, au travail et à la patrie.

Je serai très clair : un FN diabolisé, c’est la certitude de la groupuscularisation à moyen terme. Un FN édulcoré, renonçant à ce qu’il est, c’est la désagrégation par aspiration capillaire dans le système. Comme toujours une autre voie existe et je vous invite à méditer ce que disait le chancelier Bismarck : « Dans une équation à deux facteurs, il faut toujours choisir le troisième. »

Etes-vous favorable à la tenue d’un « congrès d’Epinay » de la droite nationale ?

Je ne crois pas à la possibilité d’une confédération de la droite nationale, pas plus que l’on ne peut à mon sens envisager a ce stade un « congrès d’Epinay ». Le FN doit d’abord se renforcer, se réorganiser et affirmer dans le même temps sa volonté de s’ouvrir plus largement. Il nous faut recréer la dynamique initiée au milieu des années 80, de telle sorte que le FN redevienne comme un aimant, un pôle magnétique qui fera venir ou revenir à lui l’ensemble des composantes de la droite nationale.

La grande œuvre de Le Pen, c’est de n’avoir cessé de rassembler et de faire travailler tout le monde ensemble, au-delà des sensibilités des uns et des autres, en faisant sortir chacun de sa chapelle. Il y a eu, ces derniers temps, beaucoup de querelles de personnes et de susceptibilités froissées. Faisons en sorte que tout le monde puisse revenir dans cette grande maison. Il y a plusieurs pièces dans la maison du Père.

Vous-même aviez pourtant quitté le FN durant quelques années pour créer votre propre organisation…

Eh bien oui, j’ai connu la tentation de l’extérieur. J’en ai vite fait le tour. J’ai vite compris que seul un grand parti politique pouvait être efficace pour défendre les idées qui sont les miennes, et je ne peux qu’inviter ceux qui ont pu avoir cette tentation à revenir dans la famille. Je suis bien placé pour dire à ceux qui sont aujourd’hui à l’extérieur qu’il est temps de revenir à la maison.

La droite nationale peut-elle parvenir un jour au pouvoir ?

Si elle n’y parvient pas, au grand musée des rendez-vous manqués, nous aurons toute notre place. A condition que, dans cette France perdue, il y ait encore des musées.

Propos recueillis par Bruno Larebière

 

Cet entretien avec Jean-François Touzé constitue une introduction à un dossier vraiment passionnant réalisé par l'équipe de Jean-Marie Molitor et de Bruno Larebière qui mérite d'être lu par l'ensemble des cadres, militants et sympathisants de la Droite de conviction. Allez vite vous procurer ce numéro du Choc du mois chez votre marchand de journaux. Vous ne le regretterez pas...