17.03.2008
NOUVELLE DONNE, OFFRE NOUVELLE...
Pour être par tradition carthaginoise, la mauvaise foi n’en aura pas moins été, à l’occasion de ce second tour des élections municipales, la chose du monde la mieux partagée, et ce sur l’ensemble des rives du monde politique.
Mauvaise foi de l’UMP, de ses ministres et de ses petits marquis, refusant dans une unanimité orchestrée depuis l’Elysée de reconnaître l’ampleur d’une défaite à peine masquée par les demi-victoires de Marseille et du cinquième arrondissement de Paris.
Mauvaise foi du PS qui, enrobé des étoffes trompeuses de son succès, se croit autoriser à voir dans le raz de marée rose la marque d’un rejet par le corps électoral de ce qu’il avait adoré en avril et juin derniers, alors que ce sont, à l’évidence, outre les héliogabaleries sarkoziennes - et bien au contraire d’on ne sait quel refus d’une politique droitiste et volontaire -, la timidité de la rupture, la tiédeur des réformes, les reculs par rapport aux promesses faites – et en particulier faites au nom de valeurs et principes qui sont ceux de la droite nationale - qui ont conduit nos compatriotes, déçus et inquiets, à sanctionner le pouvoir en place.
Mauvaise foi des amis de Bayrou, tentant de faire oublier leur opportunisme congénital en le dissimulant sous de grandes considérations philosophico-politiques dignes des heures les plus glorieuses du MRP.
Mauvaise foi, enfin, d’une direction lepéniste qui, depuis huit jours, ne cesse de claironner « un rétablissement spectaculaire » du FN, là où, malheureusement, il n’y a qu’effondrement et chaos.
Il nous faut maintenant tirer les conséquences de ces élections. La première est que la gauche et l’extrême gauche, l’une faisant à l’autre la courte échelle et réciproquement, constituent une menace que nous ne devons pas négliger. Je suis de ceux qui pensent que la France et l’Europe ne se relèveraient pas d’une nouvelle expérience socialiste, surtout si elle devait être menée sous le regard vigilant de la LCR.
La deuxième est que l’UMP, comme jadis le RPR, continue de se voiler la face pour ne pas voir que seule la reconnaissance de la droite nationale, de ses propositions, de ses principes et de ses valeurs, est de nature à rendre confiance à son électorat, un électorat si proche du nôtre qu’il lui arrive de se confondre, comme on a pu le voir au printemps dernier.
La troisième conséquence est que les succès de demain, succès auxquels je crois de toute mon âme et de tout mon esprit, dépendent justement de notre capacité à nous organiser et à proposer aux Français une offre nouvelle, dans la fidélité à ce que nous sommes et à ce que nous croyons, dans la continuité des combats que nous menons depuis si longtemps, mais aussi dans la nécessaire évolution et la recherche politique des voies qui mènent aux responsabilités du pouvoir, qu’il soit local ou national. Une offre nouvelle qui corresponde à l’attente des cette masse de Français qui ont voté pour Nicolas Sarkozy en avril dans l’espoir qu’enfin s’opère une vraie rupture. Une offre nouvelle affirmant la nécessité de l’autorité de l’Etat, de l’organisation des libertés individuelles, collectives et économiques, de l’équité sociale et de la construction d’une Europe de la puissance au sein de laquelle la France aurait un rôle moteur.
Pour la droite nationale, une page est tournée. Et rien de ce qui était dans cette page ne se rouvrira. Ceux qui croient à je ne sais quel rafistolage, à je ne sais quel effet cathartique provoqué par l’arrivée de je ne sais qui, je ne sais comment et je ne sais pourquoi y faire, à la tête du Front, en seront pour leurs frais.
L’heure n’est même plus à l’union. Elle est au rassemblement.
C’est cette nouvelle offre politique que nous devons organiser avec tous ceux qui, au sein de la droite nationale et de la droite identitaire, veulent aller de l’avant sans vaine nostalgie, avec espoir et enthousiasme, dans le respect de chacune des sensibilités et des appartenances, dans la collégialité et, si possible, la fraternité militante.
Cela, nous devons le faire vite, avec prudence et raison, mais aussi volonté et imagination, et… sans nous retourner.
Jean-François Touzé
17/03/08
14:22 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales, convergences nationales, jean-françois touzé, fn, mnr, ump
12.03.2008
STALINISME...
Les naïfs pensaient le stalinisme jeté définitivement aux poubelles de l’histoire par les formations politiques françaises.
La suspension « avant exclusion définitive » de François Dubout, Conseiller régional du Nord-Pas de Calais, tête de liste aux Municipales à Calais (12,5%), pour avoir décidé en son âme et conscience, et avec l’accord de ses colistiers, de se retirer de la compétition du second tour afin de faire barrage, dans cette dernière ville de plus de 100 000 habitants détenue par le PC, au maire sortant communiste, Jacky Hénin, figure emblématique de l’ignominie léninostale, honni par tous les nationaux et droitistes de la région, procède pourtant d’une pratique, d’une méthode, d’une rhétorique qui furent celles du petit père des peuples.
Quant aux mots utilisés par Louis Aliot et Marine Le Pen pour fustiger François Dubout, ils relèvent d’un vocabulaire que n’auraient pas renié les glorieux Beria et Vychinski.
François Dubout déclare, quant à lui, qu’il « préfère son éthique à son étiquette ». C’est sans doute justement ce qui lui est reproché.
Jean-François Touzé
12/03/08
16:30 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : calais, jean-françois touzé, fn, municipales, politique, synthèse nationale, convergences nationales
10.03.2008
LIQUEFACTION ET RECONSTRUCTION...
Une vague rose au bout du compte bien pâle, une UMP entamée mais pas défaite, un Modem en position d’arbitre dans de nombreuses villes, un PC qui résiste, une extrême gauche en embuscade… Ainsi tourne, tourne, tourne le carrousel défraichi du système, doucement, régulièrement, sans à coups ni heurts.
Pour le Front National, en revanche, la grande glissade vers le précipice continue. Après l’insuccès de la Présidentielle, la déroute des Législatives, c’est un troisième échec en onze mois qu’enregistre avec ces Municipales et ces Cantonales le lepénisme résiduel, illustrant d’une nouvelle page jaunie cette chronique d’un effondrement annoncé.
Impossible désormais, quelles que soient les rodomontades de circonstances qui constituent un passage obligé des soirées électorales, de nier la réalité de la marginalisation à marche forcée du Front National. On aimerait pouvoir écrire que le FN est en voie de PCisation tant cette pente semblerait douce, dans la mesure où les communistes peuvent encore s’appuyer sur leur implantation locale – la preuve vient d’en être donnée -, leurs réseaux et leurs forces militantes sinon intactes, en toute hypothèse maintenues.
Rien de tel au FN malgré le courage, l’abnégation de ceux qui, sur le terrain, dans les nuits de collages et les journées de boîtage, continuent d’entretenir la petite flamme qui vacille de mois en mois.
Je ne suis pas de ceux qui reprochent à Jean-Marie Le Pen d’avoir tant misé sur la Présidentielle qui constitue, à l’évidence, la mère des batailles comme le veut l’esprit des institutions de la Vème République. Encore faut-il en admettre la logique et en accepter les conséquences. La logique, c’est que si tout procède de la Présidentielle, les échecs accumulés depuis le printemps dernier découlent du grave revers personnel subi par le candidat à la magistrature suprême. Il s’agit donc de le dire et de le reconnaître. Ce qui ne l’a pas été. Mais, au-delà de cette vérité d’évidence, comment ne pas voir que le Front, qui n’a finalement jamais été autre chose qu’une écurie présidentielle, paye aujourd’hui les dividendes du mépris affiché par son président à l’égard des élections locales, avec pour conséquences l’absence de tout maillage territorial et une existence politique réduite aux apparences. C’est bien cette absence d’implantation, et non les difficultés financières, qui explique le si faible nombre de listes présentées dans les villes grandes et moyennes, tout comme le fait qu’un canton renouvelable sur deux n’ait pas été pourvu.
Que le FN en soit venu à se féliciter des quelques 10% obtenus à Marseille ou des 12% de son Secrétaire général à Perpignan est suffisamment significatif pour qu’il ne soit pas nécessaire d’insister et le relativement bon résultat enregistré par Michel Guiniot à Noyon, grâce à une implantation réelle due à un travail constant et une approche crédible, tout comme celui de Dominique Martin à Cluses ne peuvent évidemment pas faire oublier les minuscules 4,5% obtenus par Madame Schénardi dans une ville aussi importante que Nice. C’est également le remarquable travail d’implantation – et rien d’autre - de Steeve Briois et de ses équipes qui explique les 28,5% d’Hénin-Beaumont, un Steeve Briois finalement desservi par la médiatisation de sa deuxième de liste.
Loin du « redressement » annoncé dès 20H30 par Jean-Marie Le Pen, ce double scrutin aura témoigné de la liquéfaction du FN.
Pour ne pas avoir envoyé les signaux nécessaires à son électorat traditionnel, ce « peuple de droite », droite nationale, droite sociale, droite populaire, droite des valeurs et des convictions, mais droite tout de même, qui, en avril dernier s’était laissé séduire par Nicolas Sarkozy et qui, la déception venue, n’a opéré aucun début de commencement de retour vers un parti qu’il a quitté le jugeant « fatigué, usé, vieilli », le Front National s’est condamné à la marginalisation. Pour ne pas avoir su, ni voulu, réfléchir aux raisons de ce désamour, pour s’être aveuglé des mirages populistes, ouvriéristes et même parfois tiers-mondistes, pour avoir brouillé les cartes et oublié sa vraie nature, le Front disparait peu à peu du champ utile de la politique française.
Une page se tourne qui ne se rouvrira pas. Les querelles qui ne manqueront pas de survenir dans une perspective de succession finiront de faire se consumer une structure frappée par le phénomène mystérieux de l’auto-combustion. C’est ainsi, et c’est ainsi que va la vie…
La droite nationale a pourtant, j’en ai la certitude, de beaux jours devant elle. Il est hors de question de la regarder disparaître, assis au bord du chemin, regardant les photos sépia des bons moments envolés, succombant à je ne sais quelle nostalgie, antichambre du renoncement.
Ses analyses, ses propositions, ses solutions n’ont rien perdu de leurs pertinences et une majorité de nos compatriotes partagent nos vues, comme l’a montré la dernière Présidentielle.
Laissons donc les morts enterrer les morts.
Il nous faut nous organiser. Il nous faut repartir. Il nous faut rassembler. Il nous faut réinventer.
Nous ne resterons, certes, pas inertes. Et tant pis si Rome n’est plus dans Rome.
Jean-François Touzé
10/03/08
11:51 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales 2008, municipales, fn, mnr, convergences nationales, jean-françois touzé
20.01.2008
Samedi 2 février, à Paris, colloque de Synthèse nationale...
18.01.2008
VOLONTE COLLECTIVE !
C’est bien à une « giscardisation » accélérée de l’actuel Président de la République que l’on assiste depuis le début de l’année, et nul ne peut désormais prévoir jusqu’où, ni à quelle vitesse, sera aspiré Nicolas Sarkozy dans ce qu’il convient d’appeler une spirale de l’échec.
Trop de paillettes, trop d’artifices, trop d’outrecuidance, mais aussi trop de contradictions et de promesses intenables, dès lors que la fameuse rupture avec le « système » ne pouvait être qu’un leurre électoral, auront constitué pour le Sarkozisme les prolégomènes d’une chronique de cette mort annoncée dont les étapes, quelles que soient les périodes probables de rémission, seront douloureuses pour la France et les Français.
A la fin des années 70, l’effondrement de Giscard ne pouvait profiter qu’à une gauche, certes traversée de courants contraires, mais portée par une réelle volonté populaire d’en finir avec une droite déjà bling bling et un Président velléitaire. Qu’en sera-t-il de l’après Sarkozy ? Malgré ses difficultés, le PS peut se refaire une santé, et cela dès le mois de mars grâce à la bonne image de gestionnaire de nombreux maires socialistes. L’UMP peut aussi susciter, une nouvelle fois, en son sein la solution alternative qui lui permettra, « encore un instant, monsieur le bourreau », de perdurer. L’agitation peut tout aussi bien croître et entraîner notre pays dans une aventure destructrice.
Inutile d’écrire ici qu’aucune de ces solutions ne peut faire notre bonheur.
Et la droite nationale, dans tout cela ?
J’avais publiquement annoncé et j’avais écrit, ici comme ailleurs, que le reflux sarkozien se ferait plus rapidement qu’on ne le pensait généralement mais que ce reflux ne bénéficierait pas mécaniquement à notre famille politique.
J’ajoutais que, pour permettre le retour, le moment venu, des brebis égarées, il était nécessaire de faire, dès le lendemain des Législatives, notre aggiornamento, préalable nécessaire au processus de reconstruction capable de nous rendre à nouveau audibles auprès de ces électeurs qui nous avaient si longtemps fait confiance et étaient subitement repartis, rassurés et donc bernés, vers leur famille d’origine.
J’affirmais enfin que seule la voie du rassemblement le plus large était de nature à créer une dynamique dans la perspective des élections de 2008, 2009, 2010 et 2012.
Je crois qu’il n’est pas trop tard pour s’engager sur ce chemin. En réalité, il n’est jamais trop tard quand existe une volonté.
La volonté collective est là.
C’est celle de ces cadres et de ces élus qui ne savent plus très bien où ils vont mais qui n’attendent qu’un signe pour se mobiliser à nouveau au service de cette cause qui dépasse chacune de nos propres vies. De ces militants qui n’attendent qu’un signe pour s’engager comme ils l’ont toujours fait, c'est-à-dire jusqu’au bout de leurs forces. De ces sympathisants qui n’attendent qu’un signe pour revenir participer à nos réunions, banquets et meetings. De ces électeurs qui n’attendent qu’un signe pour revenir massivement vers les bureaux de vote avec à la main un bulletin tricolore.
Ce signe,c'est celui du rassemblement et donc de la refondation.
Jean-François Touzé
18/01/08
17:20 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, jean-françois touzé, convergences nationales, mnr, identitaire, synthèse nationale, municipales
30.11.2007
DE L'ILLUSION A LA RECONSTRUCTION...
Le postulat reste vrai.
Il n’existe aucune chance pour que, sur le long terme, Nicolas Sarkozy soit en mesure de tenir ses promesses. Aucune chance pour que les questions cruciales qui se posent à la France puissent, par son action, trouver de solutions. Aucune chance pour que les menaces qui, chaque jour, se font plus lourdes sur nos têtes ne se dissipent, tant le poids du « système » rend illusoire toute tentative de le réformer.
Il n’empêche… sans méconnaître le risque d’effets pervers que vont engendrer certaines des décisions annoncées jeudi soir à la télévision par le Président de la République (loyers, grandes surfaces, par exemple…), sans nier le caractère partiel et inachevé de quelques autres (la monétarisation des RTT et l’affichage sur les 35 heures), force est de reconnaître que le discours sarkozien continue de séduire et conserve la même cohérence que celle qui lui a permis, il y a sept mois, d’être élu, en partie, on le sait, grâce aux voix des électeurs de la droite nationale.
Je n’ai jamais douté, quant à moi, que ces électeurs qui, avant toute chose, veulent être entendus, pris en considération et qu’une partie au moins de leurs attentes soit satisfaite, ces électeurs qui, certes, préféreraient que la droite nationale soit en capacité d’accéder aux responsabilités, mais constatant que ce n’est pas encore le cas, se réfugient là où ils le peuvent, c'est-à-dire là ou brille la lumière d’une action, certes limitée, mais qu’ils pensent possible, mettraient un certain temps à se défaire de l’illusion et à revenir vers nous.
Cela se fera car l’habileté n’a qu’un temps et le moment vient, fatalement, où le peuple s’aperçoit que le roi est nu.
Nous n’y sommes pas.
Sans nier l’importance des élections de 2008, je crois que les grands rendez-vous auxquels nous devons nous préparer sont ceux de 2009, 2010 et, bien sûr, 2012. En 2009, pour Sarkozy, ce sera le début du reflux. Les Européennes seront alors pour nous l’occasion, si nous sommes capables de réinventer un projet à la fois national et européen, d’entamer notre reconquête électorale.
En 2010, les Régionales, dont nous connaissons l’importance en terme d’appareil, devront être le moment de la remise en ordre de bataille de notre camp tout entier.
Viendra la Présidentielle de 2012, qui constituera une mère de bataille que nous ne pourrons affronter que rassemblés autour d’un projet politique et global rénové et d’une organisation refondée.
Le temps ne sera plus, alors, aux illusionnistes ni aux prestidigitateurs.
Jean-François Touzé
30/11/07
15:55 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, jean-françois touzé, 2012, municipales, synthèse nationale






