11.06.2007
NULLE PLACE POUR LE DECOURAGEMENT...
La vie politique n’est pas non plus un long fleuve tranquille et l’échec en est bien sûr une composante. Ceux qui l’avaient oublié auront peut-être des réveils difficiles. Les autres, c'est-à-dire l’immense majorité des cadres et militants, prennent les évènements tels qu’ils se présentent et font face. La vie commence toujours demain.
On parlera d’effondrement et c’est sans doute quelque chose de ce genre qui vient de se passer. Et pourtant…
Pourtant, une fois la vague passée à laquelle il était si difficile de résister, nous le savons : l’électorat est là. Intact ! Il est là mais il regarde ailleurs, vers des horizons plus immédiats. Il est là, mais il ne nous voit plus parce qu’il ne croit plus en nous, parce que pour lui le vote Front National est devenu inutile.
Cette confiance ne nous est pas refusée seulement parce que Nicolas Sarkozy a su illusionner les électeurs. Dans cette crise de crédit, notre responsabilité collective n’est pas écartée, nous qui n’avons su répondre qu’insuffisamment à leur attente et nous sommes enfermés dans un confort qui, pour être relatif, n’était que l’antichambre de la torpeur qui elle-même précède la mort. Nous n’y sommes pas. L’échec de ces Législatives va au contraire initier, j’en ai la conviction, un réflexe salvateur.
Je dis que cette confiance, nous pouvons la retrouver.
Nous le ferons à cinq conditions :
La première est que nous rassemblions toutes nos énergies, dans le respect des sensibilités de chacun et sans exclusive sinon celle qu’exige l’efficacité politique.
La deuxième est que nous nous dotions le moment venu de structures renforcées et de l’organisation renouvelée et dynamisée nécessaires à cette tâche.
La troisième est que nous nous fixions comme priorité de renouer avec l’engagement et l’enracinement militants.
La quatrième est que nous soyions capables de défendre un projet ambitieux, réaliste et crédible, dans le respect de nos fondamentaux, de nos principes, de nos idées force, mais modernisé, adapté aux enjeux de ce début de vingt et unième siècle.
La cinquième est que nous définissions une stratégie de conquête du pouvoir, que nous nous y tenions et que nous en mettions en œuvre les modalités avec rigueur et patience.
Le Front National doit, malgré les difficultés financières que nous allons devoir affronter, inscrire son action dans une démarche résolument conquérante à vocation majoritaire, ce qui ne doit pas nous mener à l’enfermement ni à l’autisme. Nous avons tout pour réussir : des femmes et des hommes qui, au-delà de l’éternel syndicat de défense des positions acquises, ont toujours placé l’intérêt national avant leur confort et leurs avantages personnels ; un corps de doctrine fondé sur le bon sens et les lois naturelles, ce qui n’exclut ni le pragmatisme ni la prise en compte des évolutions inévitables ; une foi qui nous habite en cette France dont nous savons qu’elle est aussi un principe spirituel ; un courant de sympathie à notre égard qui se développe dans les profondeurs du pays et qu’accompagne pour le renforcer un glissement de plus en plus fort de la société vers nos positions ; des cadres formés et aguerris par des années de combat politique dans l’opposition ; des talents avérés ou encore sous-exploités dont nous pouvons et pourrons être fiers.
Il y aura moins, beaucoup moins d’argent ; moins, beaucoup moins de moyens… Et alors ? Nous ferons avec ce que nous aurons et nous le ferons peut-être mieux. Les élections municipales et cantonales qui s’approchent doivent constituer pour nous des objectifs majeurs, susceptibles de nous permettre dès 2008 de retisser un maillage politique national, d’autant que le reflux sarkoziste aura commencé.
Nulle place chez nous pour le découragement.
Au travail !
Jean-François Touzé
11/06/07
19:15 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, législatives, jean-françoistouzé, jean-marie le pen, droite, france




