25.06.2008
A propos des critiques sur la Nouvelle Droite Populaire : une mise au point de Jean-François Touzé...
Objet depuis quelques semaines de mille et une attentions du microcosme « national », je voudrais, sans passion excessive et bien que n’ayant aucune propension à la justification, apporter ici quelques précisions sur la Nouvelle Droite Populaire.
On aura, je l’espère, compris que mon propos n’est pas de répondre aux rats d’égouts qui opèrent sur la toile et qui devraient savoir que leurs insultes ordurières et leurs manigances me laissent de marbre. Je suis depuis longtemps blindé. Et ils ne l’ignorent pas.
C’est à mes amis que je m’adresse, à mes amis du FN envers qui je continue et continuerai toujours d’entretenir une solidarité militante, et du MNR, Nicolas Bay en premier lieu, avec qui j’ai fondé en novembre dernier « Convergences nationales » qu’il continue désormais sans moi, mais d’un commun accord, à présider.
Dans son discours prononcé dimanche dernier à l’occasion du Conseil national du MNR, ainsi que dans un article publié dans le dernier numéro de Minute, Nicolas regrette que j’ai changé de stratégie par rapport à ce qui fut notre combat commun pendant la dernière Présidentielle – l’Union patriotique - et de ce qui était la raison d’être de « Convergences », à savoir le rassemblement et la refondation de notre famille politique.
Je voudrais rappeler à Nicolas que l’intitulé premier que nous avions, sur ma proposition, choisi pour cette structure était « Convergences 2012 » et que c’est après un véto de Bruno Mégret à son secrétaire général que, la veille de notre conférence de presse, et pour ne pas le gèner j'ai accepté que soit préféré le mot « nationales ».
C’est, en effet, dans la perspective de cette élection qui, qu’on le veuille ou non, qu’on s’en félicite ou le regrette, demeure la clé de voute de notre vie publique, que nous avions souhaité agir afin qu’en toute hypothèse, notre camp soit tout entier rassemblé lorsque, le moment venu, un candidat - ou une candidate - serait en mesure de s’imposer. Je n’ai pas changé d’avis. En 2012, un seul candidat devra être en lice. Je crois quant à moi que cet objectif majeur n’est en rien contradictoire avec la volonté qui est la mienne, et celle de mes amis, de créer une autre organisation.
« Tentations groupusculaires » dit-on, en rappelant à juste titre que j’avais à la tribune de Synthèse nationale, le 27 octobre dernier, mis en garde contre ce danger… Là encore, je persiste et je signe en rappelant que je n’ai cessé de proposer aux uns et aux autres, au MNR en particulier, la constitution d’une organisation fédérative regroupant en son sein, et dans un esprit collégial, des personnalités, des mouvements, des associations, des groupes d’élus, etc., chacun conservant son identité, sa liberté de parole et sa marge de manœuvre.
Dans son intervention – toujours au Conseil national du MNR -, Annick Martin regrette quant à elle que j’ai voulu transformer ce qui était un comité d’initiatives en un parti politique. Puisque nous en sommes à la sémantique, je voudrais dire clairement que jamais je n’ai prononcé le terme de « parti » pour désigner la NDP, tout simplement parce que le temps n’est évidemment plus au caporalisme, à la parole venue d’en haut et à l’enfermement clanique. Alors, Mouvement ? Fédération ? Rassemblement ? Alliance ? Sémantique, sémantique, quand tu nous tiens !
De la même manière, nous n’avons à aucun moment exprimé notre intention de participer dans un prochain avenir aux élections. Nous le ferons peut-être. Nous n’excluons rien. Notre congrès fondateur en janvier prochain en débattra. C’est donc un procès d’intention qui nous est fait et rien d’autre.
Et ceux qui le font devraient savoir que ce n’est pas parce qu’un journal, même supposé ami, comme Minute titre sur la fondation d’un nouveau parti que « parti » il y a, surtout quand il a été précisé auparavant au rédacteur en chef du susdit journal que le terme de parti ne nous convenait pas. Mais il est vrai que la presse est libre tout comme le commentaire, voire l’interprétation.
Tout cela, je le répète, ne participe en rien d’une volonté de justification. La Nouvelle Droite Populaire n’est pas le Front National, pas le MNR, pas le MPF. Nous avons notre spécificité, nos analyses, notre expression… Nous aurons d’ici la fin de l’année nos propositions grâce aux groupes de travail que nous mettons en place sous la coordination de François Ferrier, en particulier sur la famille et la santé, l’enseignement, les institutions, l’immigration bien sûr, les relations internationales, la Défense et l’Europe évidemment, avec le développement de notre concept alter européen.
Notre structuration est en cours, sans bruit, sans grands effets d’annonce, mais petit à petit nous tissons un maillage national qui apparaîtra lors de notre congrès. En septembre, nous nous doterons d’un bureau national renforcé.
D’où viennent-ils ceux qui nous contactent et nous rejoignent aujourd’hui ? Du Front ? Quelques-uns bien sûr, des militants mais aussi des cadres et des élus. Du MNR ? Oui bien sûr, mais aussi nombre de ceux qui avaient depuis quelques années mis le sac à terre et attendaient qu’autre chose leur soit proposé. Et puis, et je m’en réjouis, nous voyons venir à nous des femmes et des hommes qui, tout en partageant les valeurs et les principes qui sont les nôtres, n’avaient jamais adhéré à une formation politique – et surtout pas au Front National. C’est aussi avec ceux là que nous devons constituer la droite nationale et identitaire de demain.
Qui, dans ces conditions, peut ne pas voir que nous sommes une valeur ajoutée à un ensemble qui, il est vrai, s’affaisse de jour en jour ? Qu’on ne s’y trompe pas. Mes amis et moi-même ne nous parons pas subitement d’une humilité d’apparence. Nous pensons avoir raison en particulier sur notre analyse du système et des moyens de le combattre, sur l’Europe qu’il faut construire autrement, sur l’islamisation qui est la menace première, et sur les valeurs de notre civilisation hellénique et chrétienne. Nous pensons avoir les moyens que d’autres n’ont pas eu de définir une stratégie et de constituer une dynamique pour défendre ces positions. Nous n’avons pour autant jamais dit que nous le ferions seuls.
Notre analyse est que le FN, malgré le dévouement de ses militants, ne se relèvera pas de la situation structurelle, politique et électorale dans laquelle il se trouve. Notre analyse est que le MNR, malgré la qualité des ses cadres et la hauteur de vue de son projet, est aujourd’hui usé. Notre analyse est que le MPF est un leurre et une impasse. Je ne pense pas, en écrivant ces lignes, dire autre chose que des vérités d’évidence, largement partagées au demeurant par les dirigeants de ces formations.
Mais qu’on ne compte pas sur nous pour aller plus loin dans le constat et surtout pas pour nous vautrer dans la polémique Nous souhaitons sincèrement bon vent au FN et au MNR. Nous souhaitons au FN en particulier, qui est, pour l’heure, le seul encore dans l’arène électorale, de rencontrer les succès que méritent la plupart de ses candidats et militants lors des partielles, même si nous regrettons que rien, ou si peu, n’ait été fait depuis vingt ans en faveur de l’implantation en profondeur dans les circonscriptions, les cantons et les communes. Nous souhaitons aussi que notre famille politique continue de disposer après juin 2009 d’une représentation parlementaire à Strasbourg…
Mais la Nouvelle Droite Populaire est là. Elle existe et va faire entendre sa voix.
Oui, nous avons des ambitions. Ceux qui voient toujours tout par le petit bout de la lorgnette, et le mal du bas de leur petitesse, diront que ces ambitions ne sont que les miennes… Peu importe. Notre ambition est évidemment collective : pour la NDP parce qu’elle est nécessaire et emprunte une voie juste ; pour nos compatriotes parce qu’ils ont désormais le dos au mur ; pour notre Europe parce que sa construction dans un monde bouleversé est vitale ; pour notre Pays parce que la Nation française n’est pas qu’un simple territoire mais est aussi un principe spirituel ; pour notre civilisation parce que, sans elle, il n’y a pas d’humanité vraie.
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15.05.2008
Dimanche 1er Juin : PREMIERE CONVENTION NATIONALE DE LA N.D.P.
Plus d'infos : NDP infos
17:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle droite populaire, ndp, synthèse nationale, politique, mnr, fn
05.05.2008
NDP : FEDERER LES ENERGIES...
A lire les innombrables commentaires qu’a pu susciter l’annonce de la création de notre comité pour une Nouvelle Droite Populaire, à voir le nombre de demandes de contacts (plusieurs centaines depuis un mois), à constater l’intérêt croissant des médias pour notre entreprise, il est évident que ce que nous sommes en train de mettre en place répond à une demande immense, non seulement de ceux de nos amis qui militent ou ont milité dans les formations de la droite nationale ou identitaire, mais aussi d’un très grand nombre de nos compatriotes tout aussi désespérés par l’impuissance du pouvoir sarkozien que par les contradictions et la démarche suicidaire du Front national.
Nous l’avions dit dès le mois de juin : pour les électeurs de Nicolas Sarkozy, le temps de la déception après tant de promesses non tenues ne pourrait manquer de venir rapidement. Mais nous savions aussi que cette déception ne pourrait en aucun cas conduire ces électeurs à revenir –et encore moins à venir- vers le FN, dès lors que ce dernier ne leur adresserait aucun signal montrant que le message avait été compris de la nécessité d’une réflexion de fond sur les structures, la méthode, la stratégie et le projet, c'est-à-dire d’une remise en cause, c'est-à-dire d’un véritable aggiornamento.
Cette remise en cause n’a pas eu lieu. Le Front est aujourd’hui derrière nous.
Il nous appartient, dans ces conditions, de répondre à l’attente des Français. C’est bien une nouvelle offre que nous devons leur faire, c’est un nouvel espoir que nous devons leur proposer, c’est un nouvel élan que nous devons, et que nous voulons, initier à partir des six idées-force sur lesquelles nous entendons bâtir cette Nouvelle Droite Populaire, structure à construire ensemble, dans le respect des sensibilités et avec le souci constant de la libre expression des personnalités qui l’animeront.
C’est vers le grand large que nous tournons désormais nos regards. Le grand large politique qui exclut toute nostalgie, toute volonté de revanche, toute polémique stérile, mais aussi tout enfermement.
Je crois que la France a besoin d’une Nouvelle Droite Populaire. Je crois que nos petites patries régionales ont besoin d’une Nouvelle Droite Populaire. Je crois que notre Europe a besoin d’une Nouvelle Droite Populaire. Je crois que notre civilisation chrétienne a besoin d’une Nouvelle Droite Populaire.
Autant de raisons qui nous poussent à organiser au plus vite ce qui n’est pas à ce stade un parti, mais bien une fédération des énergies, susceptible d’occuper demain une place prépondérante dans la vie politique de notre pays.
Jean-François Touzé
05/05/08
De nombreux lecteurs me demandent comment adhérer à la Nouvelle Droite Populaire. C'est simple, il vous suffit de remplir et de nous retourner ce bulletin d'adhésion.
17:49 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle droite populaire, synthèse nationale, politique, france, droite, mnr, fn
27.04.2008
Création du Comité d’initiatives pour une NOUVELLE DROITE POPULAIRE...
Communiqué de presse :
Dimanche 27 avril, s’est réuni à Paris le bureau national du Comité d’initiative pour la refondation créé le 29 mars dernier par une quarantaine de responsables et d’élus nationaux, identitaires et régionalistes.
A l’issue de cette réunion, il a été décidé la transformation de ce comité en Comité d’initiatives pour une Nouvelle Droite Populaire.
Cette structure n’est pas un parti politique et n’a pas vocation à accroître les divisions existantes. Elle est au contraire une instance de rassemblement et de mobilisation des énergies pour oeuvrer à la refondation de la droite nationale, régionaliste et identitaire. On pourra la rejoindre sans cesser d’adhérer à un parti ou à une organisation existante.
Les principes fondamentaux du Comité d’initiatives pour une Nouvelle Droite Populaire sont les suivants :
1 – Refus de l’immigration et de l’islamisation.
2 - Défense des identités régionale, nationale et européenne.
3 - Application de la préférence nationale et européenne.
4 - Réhabilitation des valeurs familiales et des principes fondamentaux de notre civilisation.
5 - Libération des énergies individuelles, politiques et économiques.
6 - Construction d’une Europe politique indépendante et puissante, fidèle à ses racines helléniques et chrétiennes.
Le Comité d’initiatives pour une Nouvelle Droite Populaire organisera le dimanche 1er juin prochain à Paris une Convention nationale constitutive destinée à définir ses premiers axes de campagne et à mettre en place les structures de cette force de rassemblement.
Le Bureau provisoire du Comité d’initiatives pour une Nouvelle Droite Populaire comprend, dans l’ordre alphabétique, François Ferrier (Conseiller régional de Lorraine, Président du groupe Identité et Tradition), Roland Hélie (Directeur de la revue Synthèse nationale), Annick Martin (Vice-présidente du MNR), Yann Phélipeau (membre du Bureau national du MNR), Robert Spieler (Fondateur d’Alsace d’Abord, ancien député), Jean-François Touzé (Conseiller régional d’Ile-de-France, Président de Convergences nationales) qui en est le coordinateur, et Jean-Philippe Wagner (Conseiller régional de Lorraine).
Contactez-nous : initiative.refondation@club-internet.fr
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01.04.2008
VERS UNE NOUVELLE STRUCTURE...
Réunis à Paris le samedi 29 mars 2008, une quarantaine d'élus et de cadres de la droite nationale et des sensibilités identitaires ou régionales, parmi lesquels Bruno Mégret (Président du MNR), Robert Spieler (Fondateur d’Alsace d’abord, ancien député), François Ferrier (Conseiller régional de Lorraine, Président du groupe Identité et Tradition), Jean-Philippe Wagner (Conseiller régional de Lorraine), Roland Hélie (Directeur de Synthèse nationale), Annick Martin (Vice-présidente du MNR), Jean-François Touzé (Conseiller régional d’Ile-de-France, Président de Convergences nationales), ont décidé de jeter les bases d’une nouvelle structure politique qui sera officiellement créée le dimanche 1er juin. Un Comité d’initiative pour la refondation a été mis en place. La motion suivante a été adoptée :
« Prenant acte de la spirale de l’échec dans laquelle est engagée notre famille politique après la triple déroute électorale de la Présidentielle, des Législatives et des Municipales, les signataires tiennent pour autant à affirmer leur confiance dans l’avenir et le succès d’une droite de conviction ancrée dans la fidélité à ses fondamentaux, à ses valeurs et à ses principes, valeurs et principes que partage un nombre croissant de nos compatriotes, mais soucieuse d’inscrire son action dans les réalités de ce début de vingt-et-unième siècle. Ils appellent tous ceux qui veulent continuer le combat pour les valeurs de notre civilisation à les rejoindre et à se rassembler dans une même structure militante. Cette structure sera fédérative.
Chaque personnalité, mouvement, association, club, groupe d’élus qui la rejoindra conservera sa personnalité et la libre expression de sa sensibilité, étant bien entendu qu’une ligne directrice sera acceptée par tous les membres de la formation, qui devront signer une charte d’engagement sur ses principales idées-forces (Refus de l’immigration–invasion et de l’islamisation / Défense des valeurs fondamentales de notre civilisation / Reconstruction de nos libertés individuelles, collectives et économiques / Réaffirmation de notre identité nationale, de nos traditions et de nos identités régionales / Construction d’une Europe de la puissance… ).
La recherche d’implantation durable, la culture du débat et de l’initiative ainsi que l’affirmation d’une ambition collective forte qui doit la conduire à terme à occuper toute sa place sur l’échiquier politique, en sont des principes fondateurs.
La structure sera officialisée à l’occasion d’une convention constitutive qui se déroulera le dimanche 1er juin à Paris. Le nom de la structure sera annoncé le 27 avril, à l’issue d’une nouvelle réunion du Comité d’initiative pour la refondation.
Un bureau provisoire est mis en place, chargé de prendre les contacts nécessaires, de faire les propositions en termes de fonctionnement et d’organisation, de rédiger des statuts qui seront présentés pour adoption le 1er juin, de préparer la charte fondatrice et d’organiser la convention. Il est composé dans l’ordre alphabétique de François Ferrier (Conseiller régional de Lorraine, Président du groupe Identité et Tradition), Roland Hélie (Directeur de Synthèse nationale), Annick Martin (Vice-présidente du MNR), Yann Phélipeau (membre du Bureau national du MNR), Robert Spieler (Fondateur d’Alsace d’Abord, ancien député) et Jean-François Touzé (Conseiller régional d’Ile-de-France, Président de Convergences nationales) qui en est le coordinateur.
Ce bureau provisoire, susceptible d’être élargi après le 1er juin, sera maintenu jusqu’au congrès fondateur qui se déroulera à la fin de l’année 2008 ou au début de l’année 2009, à une date qui sera fixée lors de la convention. Une équipe dirigeante et un comité national représentatif de toutes les sensibilités seront alors mis en place, selon les modalités qu’auront fixées les statuts».
20:10 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : droite, jean-françois touzé, mnr, fn, politique, synthèse nationale, paris
17.03.2008
NOUVELLE DONNE, OFFRE NOUVELLE...
Pour être par tradition carthaginoise, la mauvaise foi n’en aura pas moins été, à l’occasion de ce second tour des élections municipales, la chose du monde la mieux partagée, et ce sur l’ensemble des rives du monde politique.
Mauvaise foi de l’UMP, de ses ministres et de ses petits marquis, refusant dans une unanimité orchestrée depuis l’Elysée de reconnaître l’ampleur d’une défaite à peine masquée par les demi-victoires de Marseille et du cinquième arrondissement de Paris.
Mauvaise foi du PS qui, enrobé des étoffes trompeuses de son succès, se croit autoriser à voir dans le raz de marée rose la marque d’un rejet par le corps électoral de ce qu’il avait adoré en avril et juin derniers, alors que ce sont, à l’évidence, outre les héliogabaleries sarkoziennes - et bien au contraire d’on ne sait quel refus d’une politique droitiste et volontaire -, la timidité de la rupture, la tiédeur des réformes, les reculs par rapport aux promesses faites – et en particulier faites au nom de valeurs et principes qui sont ceux de la droite nationale - qui ont conduit nos compatriotes, déçus et inquiets, à sanctionner le pouvoir en place.
Mauvaise foi des amis de Bayrou, tentant de faire oublier leur opportunisme congénital en le dissimulant sous de grandes considérations philosophico-politiques dignes des heures les plus glorieuses du MRP.
Mauvaise foi, enfin, d’une direction lepéniste qui, depuis huit jours, ne cesse de claironner « un rétablissement spectaculaire » du FN, là où, malheureusement, il n’y a qu’effondrement et chaos.
Il nous faut maintenant tirer les conséquences de ces élections. La première est que la gauche et l’extrême gauche, l’une faisant à l’autre la courte échelle et réciproquement, constituent une menace que nous ne devons pas négliger. Je suis de ceux qui pensent que la France et l’Europe ne se relèveraient pas d’une nouvelle expérience socialiste, surtout si elle devait être menée sous le regard vigilant de la LCR.
La deuxième est que l’UMP, comme jadis le RPR, continue de se voiler la face pour ne pas voir que seule la reconnaissance de la droite nationale, de ses propositions, de ses principes et de ses valeurs, est de nature à rendre confiance à son électorat, un électorat si proche du nôtre qu’il lui arrive de se confondre, comme on a pu le voir au printemps dernier.
La troisième conséquence est que les succès de demain, succès auxquels je crois de toute mon âme et de tout mon esprit, dépendent justement de notre capacité à nous organiser et à proposer aux Français une offre nouvelle, dans la fidélité à ce que nous sommes et à ce que nous croyons, dans la continuité des combats que nous menons depuis si longtemps, mais aussi dans la nécessaire évolution et la recherche politique des voies qui mènent aux responsabilités du pouvoir, qu’il soit local ou national. Une offre nouvelle qui corresponde à l’attente des cette masse de Français qui ont voté pour Nicolas Sarkozy en avril dans l’espoir qu’enfin s’opère une vraie rupture. Une offre nouvelle affirmant la nécessité de l’autorité de l’Etat, de l’organisation des libertés individuelles, collectives et économiques, de l’équité sociale et de la construction d’une Europe de la puissance au sein de laquelle la France aurait un rôle moteur.
Pour la droite nationale, une page est tournée. Et rien de ce qui était dans cette page ne se rouvrira. Ceux qui croient à je ne sais quel rafistolage, à je ne sais quel effet cathartique provoqué par l’arrivée de je ne sais qui, je ne sais comment et je ne sais pourquoi y faire, à la tête du Front, en seront pour leurs frais.
L’heure n’est même plus à l’union. Elle est au rassemblement.
C’est cette nouvelle offre politique que nous devons organiser avec tous ceux qui, au sein de la droite nationale et de la droite identitaire, veulent aller de l’avant sans vaine nostalgie, avec espoir et enthousiasme, dans le respect de chacune des sensibilités et des appartenances, dans la collégialité et, si possible, la fraternité militante.
Cela, nous devons le faire vite, avec prudence et raison, mais aussi volonté et imagination, et… sans nous retourner.
Jean-François Touzé
17/03/08
14:22 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales, convergences nationales, jean-françois touzé, fn, mnr, ump
12.03.2008
STALINISME...
Les naïfs pensaient le stalinisme jeté définitivement aux poubelles de l’histoire par les formations politiques françaises.
La suspension « avant exclusion définitive » de François Dubout, Conseiller régional du Nord-Pas de Calais, tête de liste aux Municipales à Calais (12,5%), pour avoir décidé en son âme et conscience, et avec l’accord de ses colistiers, de se retirer de la compétition du second tour afin de faire barrage, dans cette dernière ville de plus de 100 000 habitants détenue par le PC, au maire sortant communiste, Jacky Hénin, figure emblématique de l’ignominie léninostale, honni par tous les nationaux et droitistes de la région, procède pourtant d’une pratique, d’une méthode, d’une rhétorique qui furent celles du petit père des peuples.
Quant aux mots utilisés par Louis Aliot et Marine Le Pen pour fustiger François Dubout, ils relèvent d’un vocabulaire que n’auraient pas renié les glorieux Beria et Vychinski.
François Dubout déclare, quant à lui, qu’il « préfère son éthique à son étiquette ». C’est sans doute justement ce qui lui est reproché.
Jean-François Touzé
12/03/08
16:30 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : calais, jean-françois touzé, fn, municipales, politique, synthèse nationale, convergences nationales
10.03.2008
LIQUEFACTION ET RECONSTRUCTION...
Une vague rose au bout du compte bien pâle, une UMP entamée mais pas défaite, un Modem en position d’arbitre dans de nombreuses villes, un PC qui résiste, une extrême gauche en embuscade… Ainsi tourne, tourne, tourne le carrousel défraichi du système, doucement, régulièrement, sans à coups ni heurts.
Pour le Front National, en revanche, la grande glissade vers le précipice continue. Après l’insuccès de la Présidentielle, la déroute des Législatives, c’est un troisième échec en onze mois qu’enregistre avec ces Municipales et ces Cantonales le lepénisme résiduel, illustrant d’une nouvelle page jaunie cette chronique d’un effondrement annoncé.
Impossible désormais, quelles que soient les rodomontades de circonstances qui constituent un passage obligé des soirées électorales, de nier la réalité de la marginalisation à marche forcée du Front National. On aimerait pouvoir écrire que le FN est en voie de PCisation tant cette pente semblerait douce, dans la mesure où les communistes peuvent encore s’appuyer sur leur implantation locale – la preuve vient d’en être donnée -, leurs réseaux et leurs forces militantes sinon intactes, en toute hypothèse maintenues.
Rien de tel au FN malgré le courage, l’abnégation de ceux qui, sur le terrain, dans les nuits de collages et les journées de boîtage, continuent d’entretenir la petite flamme qui vacille de mois en mois.
Je ne suis pas de ceux qui reprochent à Jean-Marie Le Pen d’avoir tant misé sur la Présidentielle qui constitue, à l’évidence, la mère des batailles comme le veut l’esprit des institutions de la Vème République. Encore faut-il en admettre la logique et en accepter les conséquences. La logique, c’est que si tout procède de la Présidentielle, les échecs accumulés depuis le printemps dernier découlent du grave revers personnel subi par le candidat à la magistrature suprême. Il s’agit donc de le dire et de le reconnaître. Ce qui ne l’a pas été. Mais, au-delà de cette vérité d’évidence, comment ne pas voir que le Front, qui n’a finalement jamais été autre chose qu’une écurie présidentielle, paye aujourd’hui les dividendes du mépris affiché par son président à l’égard des élections locales, avec pour conséquences l’absence de tout maillage territorial et une existence politique réduite aux apparences. C’est bien cette absence d’implantation, et non les difficultés financières, qui explique le si faible nombre de listes présentées dans les villes grandes et moyennes, tout comme le fait qu’un canton renouvelable sur deux n’ait pas été pourvu.
Que le FN en soit venu à se féliciter des quelques 10% obtenus à Marseille ou des 12% de son Secrétaire général à Perpignan est suffisamment significatif pour qu’il ne soit pas nécessaire d’insister et le relativement bon résultat enregistré par Michel Guiniot à Noyon, grâce à une implantation réelle due à un travail constant et une approche crédible, tout comme celui de Dominique Martin à Cluses ne peuvent évidemment pas faire oublier les minuscules 4,5% obtenus par Madame Schénardi dans une ville aussi importante que Nice. C’est également le remarquable travail d’implantation – et rien d’autre - de Steeve Briois et de ses équipes qui explique les 28,5% d’Hénin-Beaumont, un Steeve Briois finalement desservi par la médiatisation de sa deuxième de liste.
Loin du « redressement » annoncé dès 20H30 par Jean-Marie Le Pen, ce double scrutin aura témoigné de la liquéfaction du FN.
Pour ne pas avoir envoyé les signaux nécessaires à son électorat traditionnel, ce « peuple de droite », droite nationale, droite sociale, droite populaire, droite des valeurs et des convictions, mais droite tout de même, qui, en avril dernier s’était laissé séduire par Nicolas Sarkozy et qui, la déception venue, n’a opéré aucun début de commencement de retour vers un parti qu’il a quitté le jugeant « fatigué, usé, vieilli », le Front National s’est condamné à la marginalisation. Pour ne pas avoir su, ni voulu, réfléchir aux raisons de ce désamour, pour s’être aveuglé des mirages populistes, ouvriéristes et même parfois tiers-mondistes, pour avoir brouillé les cartes et oublié sa vraie nature, le Front disparait peu à peu du champ utile de la politique française.
Une page se tourne qui ne se rouvrira pas. Les querelles qui ne manqueront pas de survenir dans une perspective de succession finiront de faire se consumer une structure frappée par le phénomène mystérieux de l’auto-combustion. C’est ainsi, et c’est ainsi que va la vie…
La droite nationale a pourtant, j’en ai la certitude, de beaux jours devant elle. Il est hors de question de la regarder disparaître, assis au bord du chemin, regardant les photos sépia des bons moments envolés, succombant à je ne sais quelle nostalgie, antichambre du renoncement.
Ses analyses, ses propositions, ses solutions n’ont rien perdu de leurs pertinences et une majorité de nos compatriotes partagent nos vues, comme l’a montré la dernière Présidentielle.
Laissons donc les morts enterrer les morts.
Il nous faut nous organiser. Il nous faut repartir. Il nous faut rassembler. Il nous faut réinventer.
Nous ne resterons, certes, pas inertes. Et tant pis si Rome n’est plus dans Rome.
Jean-François Touzé
10/03/08
11:51 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales 2008, municipales, fn, mnr, convergences nationales, jean-françois touzé
23.05.2007
Jean-François Touzé candidat au Havre...
Comme en 2000 (élection législative partielle), en 2001 (cantonales et municipales) et en 2002 (législatives), Jean-François Touzé se présente à nouveau aux élections législatives au Havre. Il porte les couleurs du Front national dans la 8ème circonscription de la Seine-Maritime. Cette année, il est le seul candidat de la Droite nationale dans cette circonscription.
Jean-François Touzé et André Foucher (son suppléant) tiendront une réunion électorale au Havre vendredi 1er juin à 20 h. 30, Salle des fêtes Pierre de Coubertin (rue des Iris).
Site : FN 76
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21.05.2007
Entretien avec Jean-François Touzé :
Le CHOC DU MOIS (en vente chez les marchands de journaux, 6 € 50) vient de publier un numéro consacré à l'avenir de la Droite nationale. Le dossier commence par un entretien avec Jean-François Touzé. A lire absolument...
POUR UN AGGIORNAMENTO DU FN
Jean-François Touzé est membre du Bureau politique du Front National et Conseiller régional d’Ile-de-France. Proche de Marine le Pen, Directeur du pôle Idées Image Communication pendant la campagne présidentielle, il n’a pas caché les réserves que lui inspiraient certaines orientations stratégiques. Il n’en reste pas moins un fidèle de la vice-présidente du FN.
Le Choc du mois : 2002 : Le Pen au second tour ; 2007 : il arrive quatrième avec 10,44 %. Merci qui ? Merci Marine ?
Jean-François Touzé : Chaque fois que survient un revers, la tentation est grande de désigner un bouc émissaire, en l’occurrence une brebis expiatoire… Je suis frappé de constater que les attaques qui ont été portées contre Marine sont venues soit de personnalités extérieures au Front, soit de cadres dont l’implication dans cette campagne avait été pour le moins discrète. Ceux qui sont demeurés l’arme au pied, ceux aussi qui se sont tus, négligeant, sans doute par timidité, de porter la critique quand et où il était nécessaire de le faire, ne me semblent pas les mieux placés pour critiquer une directrice stratégique qui a eu, en tout cas, le mérite d’accepter une responsabilité majeure quand d’autres choisissaient le confort de leurs positions au sein de ce qu’il faut bien nommer une nomenklatura.
Il n’y a donc pas eu d’erreurs stratégiques ?
Je n’ai pas dit cela. J’ai été un des rares dirigeants du FN à mettre en garde les différents acteurs de la campagne contre des glissements qui me semblaient de nature à brouiller le message. Je n’ai jamais été partisan de ce que certains ont cru bon d’appeler le « gaucho lepénisme ». J’ai la conviction qu’au-delà de notre électorat fidélisé d’origine populaire mais « droitisé », nos segments de progression les plus importants se situent dans les classes moyennes, les commerçants, les artisans, les patrons de PME, autrement dit l’électorat traditionnel de la droite nationale. Une partie de ces électeurs, parce que Sarkozy a fait devant eux la danse des sept voiles, en leur parlant de nation, de travail, de famille, tandis que nous semblions les délaisser, s’est momentanément éloignée de nous. Je persiste à regretter que nous n’ayons pas d’avantage adressé à cet électorat les messages spécifiques qu’il attendait.
A propos de ce qui fait polémique, et, en particulier les appels du pieds vers un illusoire électorat FN issu de l’immigration qui n’existe qu’à la marge, je voudrais rappeler que Marine n’était pas à l’origine du déplacement sur la dalle d’Argenteuil, et que le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne s’est pas réjouie de la venue de Dieudonné aux BBR, à un moment où nombre de cadres et pas des moindres, qui ne sont pas réputés être les plus modérés du mouvement, se déplaçaient à son spectacle ou même dînaient avec lui. Vous le voyez, rien, jamais, n’est simple, rien, jamais, n’est ni totalement noir ni complètement blanc.
Et l’échec de l’union patriotique ?
Par une formidable intuition politique, Jean-Marie Le Pen a voulu, dès le printemps 2006, organiser, derrière sa candidature, une union patriotique qui m’a d’emblée semblée de nature à créer les conditions d’une réelle dynamique. Cet espoir d’un rassemblement opérationnel tendu vers le succès de notre candidat ne s’est pas concrétisé. Je peux comprendre les réticences de ceux qui ont vécu dans leur cœur et dans leur chair les affres de la crise de 1998. Il me semblait cependant qu’il ne fallait pas être plus lepéniste que Le Pen et que, dès lors que ce dernier entendait, au nom de l’intérêt général, passer par-dessus l’amertume et les regrets, il convenait de le suivre dans cette décision. L’union patriotique n’a jamais pu être matérialisée ; je le déplore. Je ne doute pas cependant que d’autres occasions viendront.
L’explication de la captation de l’électorat par Nicolas Sarkozy pour expliquer l’échec du 22 avril n’est-elle pas un peu courte ?
Il ne s’agit pas de s’exonérer de nos propres responsabilités. Mais qui peut prétendre que le hold-up électoral – au demeurant de bonne guerre car c’est tout de même la loi du genre – opéré par Nicolas Sarkozy sur notre électorat droitier n’est pas la cause première de notre insuccès ? Je crois que notre diagnostic de départ était juste : les Français étaient excédés et à bout de patience. Mais cette envie de changement, de rupture, dont nous pensions légitimement qu’elle ne pouvait se manifester qu’en faveur d’un candidat extérieur au système, a poussé les électeurs à choisir au premier tour celui dont ils pensaient qu’il serait à même d’appliquer ne serait-ce qu’une infime partie du projet qui est le nôtre et dont ils étaient demandeurs. Dans beaucoup d’esprits, et on peut les comprendre, un peu c’est toujours mieux que rien. La tentation d’un vote pseudo utile a été plus forte que nos mises en garde.
Les scores électoraux de Jean-Marie Le Pen sont toujours très en deçà des 25 à 30 % de Français, selon les périodes, qui se disent en accord avec ses idées. Comment l’expliquez-vous ?
Nous n’avons jamais réussi à faire passer l’idée que nous serions aux responsabilités. A partir de là, nous atteignons les limites de l’épure protestataire, tandis que le champ de l’action continue de nous échapper. Dès lors, notre réflexion doit porter sur la rénovation du FN et de ses structures ainsi que sur la fonction du FN. Nous avons basé notre engagement politique sur l’idée que ça passe ou ça casse. Rien ne dit que ça passera, rien ne dit que ça cassera non plus. On doit étudier toutes les possibilités.
Le tout est de savoir s’il est possible demain d’arriver au stade où d’autres formations et d’autres responsables politiques pourraient s’agréger autour de lui, parce qu’il constituerait l’axe majoritaire de rassemblement. C’est l’objectif que nous devons mettre en avant, mais pour lequel il faut atteindre 20 à 25 %. Cela passe par un travail renouvelé de crédibilisation, encore et encore…
Et la présence militante sur le terrain, pour le moins discrète ?…
Je n’ai cessé de le répéter : la présidentielle, ce n’est pas seulement la rencontre d’ un homme et d’ un peuple, c’est aussi un appareil politique qui soutient un candidat et qui doit être présent sur le terrain de façon constante. Chacun voit bien que le FN, en particulier depuis1998, connaît une crise du militantisme et que ses carences sur le terrain sont désormais préoccupantes. Nous devons nous fixer comme priorités le développement de l’action militante, de la présence au quotidien sur le terrain et le retour de cet esprit de conquête qui n’est rien d’autre que le fameux esprit « frontiste » qui a fait notre force pendant tant d’années.
N’y a-t-il pas aussi des choses à revoir sur le plan doctrinal ?
Une doctrine, c’est quelque chose de fermé, de figé. Je préfère parler d’idées force. Mais on ne peut nier qu’il y ait travail à faire pour clarifier les positions du FN dans un certain nombre de domaines, par exemple les institutions, l’organisation territoriale de la France et la place des nos identités et de nos cultures régionales, le débat énergétique, la place de la France dans le monde, la Défense nationale… Sur l’Europe surtout: de quelle façon renégocier les traités ? Notre intention est-elle, oui ou non, de rester dans la zone euro ? Comment sortir du carcan imposé par la banque centrale et plus généralement par la Commission ? Quel est le degré de coopération que nous sommes prêts à accepter pour créer les conditions d’une organisation efficace des Etats continentaux et à quelles conditions ? Voilà des questions essentielles auxquelles il faut donner des réponses précises.
Cette rénovation du FN, quand aura-t-elle lieu ? Comment ? Et peut-elle avoir lieu avec Jean-Marie Le Pen à sa tête ?
Je crois que le prochain congrès peut être l’occasion d’opérer cet aggiornamento, et que le seul qui puisse l’effectuer, c’est justement Jean-Marie Le Pen, parce qu’il est Le Pen, et parce qu’il est le point d’équilibre. De quoi va-t-il s’agir ? De répondre d’abord à un certain nombre de questions stratégiques Il me semble tout aussi important d’aborder à cette occasion les questions organisationnelles, structurelles qui sont bien plus essentielles qu’on ne le croit. Il y a un certain nombre de scléroses dans l’appareil auxquelles on peut remédier.
Je le redis :c’est à Le Pen qu’il appartient d’initier cette rénovation afin de créer les conditions des succès à venir. Le Pen a toujours considéré que la seule légitimité du combat politique était d’arriver au pouvoir. S’il décide de se représenter, une fois encore, à la tête du Front national, c’est, me semble-t-il, parce que lui seul peut créer les conditions de la mutation dans la cohésion, en même temps que de la transition qui doit mener au choix du candidat – ou de la candidate – à la présidentielle de 2012.
Vous ne remettez pas donc en cause la stratégie de dédiabolisation ?
J’ai été dès 2002 l’un des initiateurs de la stratégie de dédiabolisation portée par Marine dans les médias. Cette dédiabolisation n’est rien d’autre que la mise en lumière de ce qu’est vraiment en train de devenir le FN, un parti à vocation gouvernementale, tourné vers la conquête du pouvoir pour répondre à l’appel de notre peuple et assurer la continuité du long chemin déjà parcouru par la France vers son destin qui est aussi et peut-être avant tout spirituel.
Certains veulent parler de normalisation politique. Après tout, pourquoi pas ? J’ai quant à moi la conviction que ce processus ne doit pas se dérouler sans un rappel de ce que sont les idées force du FN, ces fameux fondamentaux, cette armature qui est notre force. Alors oui à la dédiabolisation, mais oui aussi à la préférence nationale, à l’immigration zéro, à la défense des valeurs familiales et morales de la nation, au travail et à la patrie.
Je serai très clair : un FN diabolisé, c’est la certitude de la groupuscularisation à moyen terme. Un FN édulcoré, renonçant à ce qu’il est, c’est la désagrégation par aspiration capillaire dans le système. Comme toujours une autre voie existe et je vous invite à méditer ce que disait le chancelier Bismarck : « Dans une équation à deux facteurs, il faut toujours choisir le troisième. »
Etes-vous favorable à la tenue d’un « congrès d’Epinay » de la droite nationale ?
Je ne crois pas à la possibilité d’une confédération de la droite nationale, pas plus que l’on ne peut à mon sens envisager a ce stade un « congrès d’Epinay ». Le FN doit d’abord se renforcer, se réorganiser et affirmer dans le même temps sa volonté de s’ouvrir plus largement. Il nous faut recréer la dynamique initiée au milieu des années 80, de telle sorte que le FN redevienne comme un aimant, un pôle magnétique qui fera venir ou revenir à lui l’ensemble des composantes de la droite nationale.
La grande œuvre de Le Pen, c’est de n’avoir cessé de rassembler et de faire travailler tout le monde ensemble, au-delà des sensibilités des uns et des autres, en faisant sortir chacun de sa chapelle. Il y a eu, ces derniers temps, beaucoup de querelles de personnes et de susceptibilités froissées. Faisons en sorte que tout le monde puisse revenir dans cette grande maison. Il y a plusieurs pièces dans la maison du Père.
Vous-même aviez pourtant quitté le FN durant quelques années pour créer votre propre organisation…
Eh bien oui, j’ai connu la tentation de l’extérieur. J’en ai vite fait le tour. J’ai vite compris que seul un grand parti politique pouvait être efficace pour défendre les idées qui sont les miennes, et je ne peux qu’inviter ceux qui ont pu avoir cette tentation à revenir dans la famille. Je suis bien placé pour dire à ceux qui sont aujourd’hui à l’extérieur qu’il est temps de revenir à la maison.
La droite nationale peut-elle parvenir un jour au pouvoir ?
Si elle n’y parvient pas, au grand musée des rendez-vous manqués, nous aurons toute notre place. A condition que, dans cette France perdue, il y ait encore des musées.
Propos recueillis par Bruno Larebière
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18:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, jean-françois touzé, droite, fn, ump, france, identitaire







