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28.10.2007

Intervention de Jean-François Touzé à la conférence de Synthèse nationale :

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Samedi 27 octobre se tenait à Paris une grande réunion publique, qui rassembla plus de 600 participants, organisée à l'occasion du premier anniversaire de la revue Synthèse nationale. 22 personnalités, représentant tous les mouvements et journaux qui font la richesse de la droite nationale et identitaire, sont intervenues au cours de cette journée dont le thème était : Comment défendre notre identité ?

 

Parmi ces personnalités, Jean-François Touzé. Voici le texte de son intervention :

 

 

Je voudrais, avant toute chose, remercier à mon tour Roland Hélie pour l’invitation qu’il m’a faite de participer à ce premier colloque de Synthèse nationale.

 

Je voudrais également en profiter pour saluer ici, devant vous tous, la persévérance, la ténacité même qu’il met depuis tant d’années au service de la cause nationale et cela en dépit des difficultés, malgré les péripéties de la vie politique comme de la vie en général, et au-delà, bien au-delà, des contingences.

 

Je voudrais enfin le féliciter d’avoir pris l’initiative de cette réunion. Une réunion dont je voudrais qu’il soit bien clair, puisque le bruit, la rumeur contraire, a pu circuler ces dernières semaines, qu’elle ne saurait être constitutive de je ne sais quelle organisation nouvelle.

 

Il me semble, en revanche, important et particulièrement bienvenu qu’au moment où tant de questions se posent à notre famille politique, où tant d’interrogations se font jour, où tant d’inquiétudes se matérialisent, mais aussi où une si grande attente, un espoir si vaste, si palpable de renouveau et de reconstruction se dessine, nous puissions aujourd’hui, dépassant pour un  temps, sans nullement les gommer, nos différences, nous retrouver sur une même tribune.

 

Nous avons trop cruellement souffert des divisions et des querelles capellaires, pour ne pas nous réjouir de constater qu’il est possible de confronter nos expériences, de dire nos ambitions collectives et d’exposer nos certitudes tout en veillant à les passer à l’eau lustrale de la réalité politique.

 

La réalité ! Voilà, me semble-t-il, le maître mot que nous ne devons jamais écarter de nos esprits, sauf à sombrer dans la nostalgie, le dilettantisme, le folklore ou le n’importe quoi.

 

La réalité politique qui commande de prendre le monde tel qu’il est et non pas tel que nous aimerions qu’il fut demeuré inchangé, la réalité politique qui fait que si notre combat a un sens, c’est qu’il se situe nécessairement dans une perspective, proche ou lointaine, d’accession aux responsabilités du pouvoir qu’il soit local ou qu’il soit celui de l’Etat.

 

Il n’existe pas, il ne peut exister, d’autre légitimité ni d’autre finalité de l’action publique que celle qui consiste à conquérir les rênes du pouvoir pour faire en sorte que les choses changent, quitte, suivant ainsi le Marquis de Lampédusa, à vouloir le faire « afin que tout demain redevienne comme avant ».

 

C’est cette réalité politique, aussi difficile à accepter soit-elle avec le lot de rigueur, voire d’ascétisme, qu’elle entraîne et parfois exige, qui doit commander notre action et gouverner notre engagement en nous amenant à ne jamais dévier du chemin et à ne pas céder aux tentations groupusculaires. Celui qui vous parle est bien mieux placé que quiconque pour le dire.

 

Chers Amis, je parlais tout à l’heure de famille politique et de camp national. Je crois, je veux croire que c’est bien de cela qu’il s’agit toujours et ceux qui ont assisté il y a deux semaines aux obsèques de Serge de Beketch  savent bien de quoi je parle.

 

Ce camp national, encore faut-il sans doute en préciser les contours et sortir enfin du flou et de la confusion, que je crois mortelle, dans lesquels nous avons, depuis quelques temps, tendance à nous perdre.

 

Longtemps, les choses furent simples. Il y avait d’un côté l’oppression,  le totalitarisme et la volonté prométhéenne et constructiviste d’imposer au monde l’abomination communiste. De l’autre, le camp de la liberté, même si nous savions bien que cette liberté était une liberté surveillée.

 

Il y avait surtout le camp de l’ordre naturel, le camp de la vie, le camp de ces valeurs permanentes, de ces principes fondamentaux qui ont fait l’humanité vraie, les principes et les valeurs de la civilisation, les principes et les valeurs de l’Occident. Nos combats alors étaient clairs. Nos lignes étaient tracées. Notre action s’imposait d’elle-même.

 

L’effondrement du bloc soviétique, l’instauration du nouvel ordre mondial, l’apparition d’un unilatéralisme, autre forme de totalitarisme, ont changé la donne. C’était la « fin de l’histoire » et je me souviens bien, mon cher Roland, mon cher Didier Lecerf, mon cher Olivier Cazal et toi aussi mon cher Robert de tous ces combats que nous avons menés ensemble dès le début de cette ère soit disant nouvelle au sein d’Espace nouveau.

 

C’était l’époque où la paix universelle devait s’instaurer et où tous les gars du monde se tiendraient la main, formant une ronde tout autour du monde, on connaît la chanson. Vous savez tous ce qu’il advint de cet angélisme du début des années 90. Nous voyons aussi comment la confusion que j’évoquais à l’instant s’est emparée des esprits, des corps et des âmes.

 

Cette confusion, il est temps, me semble-t-il, de la dissiper et d’en sortir, de réactiver nos boussoles, de retrouver nos repères.

 

Je crois, quant à moi, que dans cet occident compliqué, il convient d’avancer avec des idées simples. Les choses en effet sont plus claires qu’il n’y parait.

 

Il y a l’Europe. Cette Europe qu’il nous faudra bien construire en sortant de l’impasse de cette union technocratique et mondialisante qui nous est imposée, mais en lui donnant les moyens de sa prospérité, de ses solidarités et de sa puissance retrouvée, c'est-à-dire en lui confiant les délégations de compétence indispensables, y compris en matière de recherche, de défense et de politique étrangère.

 

Cette Europe qui, pour tous ceux qui savent ce que le mot civilisation veut dire, constitue à l’évidence un alpha et un omega.

 

Il y a la France qui doit être défendue et qui doit être maintenue. Cette nation un peu singulière dont l’histoire s’est toujours inscrite dans une vision particulière et dans une vocation missionnaire dont le caractère spirituel doit demeurer la marque sigillaire.  

 

Il y a les petites patries dont il nous appartient de perpétuer les traditions et de promouvoir les cultures, ces petites patries de nos provinces et de nos terroirs qui sont les ancrages charnels de nos fidélités.

 

Et puis il y a les principes, toutes ces valeurs et ces idéaux qui font que nous sommes ce que nous sommes, ces principes, ces valeurs, ces idéaux qui viennent de la nuit des temps et dont nous savons qu’ils sont ceux de la chrétienté dont la lumière, si atténuée soit-elle, continue, quelles que soient par ailleurs nos convictions individuelles, d’éclairer nos âmes, nos esprits et nos coeurs.

 

Chers Amis, chers Camarades, chacun d’entre vous, je le sais, a pleinement conscience des menaces qui s’accumulent et qui n’ont jamais pesé si lourd sur notre Europe et notre France.

 

Ces menaces vous les connaissez :

 

- C’est l’immigration, cette déferlante en accélération constante qui nous submerge et érode chaque jour davantage le cœur même de nos nations.

 

- C’est l’islam conquérant, arme de destruction massive à têtes multiples, l’islamisation progressive de nos sociétés n’étant pas la moins redoutable.

 

- C’est le mondialisme et son hypostase financière, commerciale et droit-de-l’hommiste.

 

- C’est le marxisme, et oui le marxisme, qui, qu’on le veuille ou non, poursuit sous d’autres formes, celle de l’alter mondialisme par exemple, sa lente gangrénisation planétaire.

 

- C’est enfin, à la fois cause et conséquence, l’effondrement moral avec les effets que l’on sait en termes de démographie, de vitalité et de disparition de toute volonté collective.

 

Ces maux, Chers Amis, n’ont rien de théorique, nous les voyons à l’œuvre chaque jour de nos vies et c’est parce qu’ils ne sont pas théoriques qu’il nous faut à nouveau nous mobiliser.

 

Dans ces combats que nous allons devoir mener, toutes les initiatives seront bonnes. Les batailles culturelles, métapolitiques, associatives, sociales, sont utiles et nécessaires et il ne saurait être question pour moi d’en minimiser la portée.

 

Mais au bout du compte, à la fin de tout cela, vous le savez bien, c’est l’action politique qui finit par s’imposer et faire la différence.

 

Et l’action politique, tout simplement parce qu’elle est avant tout une action populaire et une action électorale, n’est et ne peut être que l’affaire des partis politiques, auxquels, quant à moi, je continue de croire parce qu’ils demeurent irremplaçables. Et pour ce qui est de notre camp, demeurent irremplaçables et incontournables les partis de la Droite nationale.

 

Droite nationale, je persiste à utiliser ce terme malgré ses limites. Certains refuseront de se situer dans le camp de la droite. Je crois quant à moi que ce serait une erreur politique. D’autres considèreront que le terme national ne correspond plus à leurs convictions et lui préféreront par exemple le terme identitaire. Je le dis sans polémique et avec toute l’amitié que j’ai pour chacun,  je crois ce terme également réducteur et sans doute faudra-t-il faire preuve à l’avenir d’imagination pour en inventer un autre.

 

Ceci étant dit, chers Amis, vous le savez, j’appartiens au Front national  et je veux dire ici, même si cela peut être impopulaire, que le FN demeure en tout cas sur le plan électoral le vecteur essentiel, la traduction politique principale de nos combats. Les difficultés actuelles que connaît le Front, les erreurs qui ont pu être commises, celles qui le sont et celles qui le seront ne doivent pas nous emmener à jeter le bébé avec l’eau du bain. 

 

Je suis fier, quant à moi, d’appartenir au FN, même s'il m’arrive de ne pas être fier du FN.

 

Je suis fier surtout de ces militants qui en sont le sel, le vin et le sang, ces militants qui constituent le Front réel.

 

Alors oui, nous sommes à l’évidence à la fin d’un cycle. Un autre s’ouvre, qui sera ce que nous en ferons.

 

Je crois qu’il nous faut reconstruire et créer les conditions du retour au premier plan politique d’une force nationale à vocation majoritaire, une nouvelle droite nationale rassemblée et assembleuse, au sein de laquelle chacun pourra trouver ou retrouver sa place et je pense en particulier, mon cher Nicolas, à nos amis du MNR.

 

Chers Camarades, je ne veux pas faire ici de prosélytisme et je ne pense pas pécher par excès d’angélisme. Mais la vie commence demain. Les combats que nous aurons à mener peuvent nous conduire beaucoup plus loin que nous le pensons.

 

C’est à une reconstruction que nous devons œuvrer ensemble et dans un tout où les sensibilités doivent exister, pouvoir être reconnues, trouver leur expression. Je prendrais bientôt une initiative en ce sens.

 

Mais, je le répète, c’est par et dans l’action politique au sein d’un grand mouvement rénové que doivent se livrer les batailles décisives.

 

Alors, je vous adjure, mes Amis, mes Camarades, de continuer le combat et de ne pas céder au découragement qui mène au renoncement.

 

Vous qui vous êtes battus, donnant pendant tant d’années le meilleur de vous-même, dans ces nuits de collages, ces journées de boîtages, ces réunions épuisantes, vous qui avez payé de votre sueur, souvent de votre argent, parfois de votre santé, méprisant les risques et dédaignant vos intérêts personnels, je vous le dis, tout ce que vous avez fait n’aura servi à rien si vous abandonnez le combat.

 

Ce combat nous ne pourrons le mener que rassemblés, côte à côte, épaule contre épaule, fraternellement soudés et, vous le savez bien mes Camarades, la rue appartient toujours à celui qui y descend.

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