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09.05.2007

IMPOSTURE !

medium_medium_images_54.jpgL’histoire retiendra sans doute que, du Fouquet’s à l’Ile  de Malte, de la Concorde au jet privé puis au yacht pour milliardaires, de Fodel à Bolloré en passant par Bouygues, Lagardère, Dassault et Pinault, Nicolas Sarkozy aura délibérément voulu placer son quinquennat sous le signe non pas de la France d’en haut mais de la France d’ailleurs, celle qui ne se lève pas tôt le matin, pour reprendre une formule qu’il affectionnait aux temps anciens et déjà curieusement lointains où il n’était que candidat, cette France faisandée des copains et des coquins auxquels il s’apprête à renvoyer l’ascenseur.

 

Nous voilà prévenus : les cinq années qui viennent seront celles du pouvoir triomphant de la droite caviar. Nul doute que les décisions gouvernementales à venir renverront au peuple français le juste reflet de cette apparence de changement à laquelle il a voulu croire et qui n’était rien de plus que la projection hologrammique de cette angoisse nationale que le président de l’UMP a si bien su capter parce qu’il en avait compris l’ampleur et en avait perçu le sens profond, puis par un habile tour de passe-passe, l’avait faite sienne pour mieux la détourner vers ses propres ambitions.

 

Certains de nos amis se sont étonnés que je puisse considérer qu’en écartant Ségolène Royal, les Français avaient fait l’économie du pire. Je persiste et je signe !

 

Ecrire qu’une nouvelle catastrophe socialiste nous a été épargnée, ce n’est, bien évidemment, pas considérer que la moindre chance de redressement nous soit donnée par l’arrivée aux affaires (quel mot adapté…) de Sarkozy et des siens. C’est tout au plus se féliciter de ce que Julien Dray ne soit pas ministre de l’Intérieur, qu’une nouvelle vague massive de régularisation de clandestins ne soient opérée, que les jurys populaires crypto soviétiques ne soient pas instaurés, etc. C’est aussi considérer, de manière tactique et résolument cynique, que Nicolas Sarkozy, chef de l’opposition cinq années durant, aurait pu lancé sur notre électorat une OPA bien plus dévastatrice qu’il ne l’a fait ces derniers mois. A l’inverse, la présidence Sarkozy se révèlera rapidement aux yeux les plus obscurcis pour ce qu’elle est : une imposture. Les Français pourront alors se tourner vers nous, d’autant plus aisément qu’ils auront le sentiment d’avoir été bernés, qu’il leur apparaîtra alors que le roi républicain était tout aussi nu que l’était son prédécesseur et que les vraies solutions, les seules à vrai dire, étaient ailleurs.


Je l’écrivais lundi : le balancier reviendra vers nous, mais il ne s’y arrêtera qu’à la condition expresse que nous sachions tirer les leçons du revers du 22 avril et que nous nous donnions les moyens programmatiques, humains, politiques, moraux, structurels, organisationnels et surtout militants de redevenir la grande force politique attractive et conquérante que le Pays attend.

 

Jean-François Touzé

09/05/07

 

 

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