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07.05.2007

REPARTIR ET RECONQUERIR...

Le pire a été évité et la France fera, cette fois, l'économie d'une nouvelle catastrophe socialiste. Je m'en félicite.

Et maintenant ? Cette expérience ultime d'un Président de droite, issu du système et si évidemment emblématique de celui-ci, parvenu au pouvoir suprême dans la confusion d'une campagne étrange tissée d'habileté, ornée d'apparence mais vide de toute vérité, sans doute était-il nécessaire que les Français la fassent, pour qu'enfin, dans un an ou dans cinq ans, quand viendra le temps du reflux, de la déception et de la colère, ils se tournent enfin vers nous.

Nicolas Sarkozy, et je le déplore pour le bien général que toujours j'ai voulu faire passer avant l'intérêt partisan, ne peut réussir dans la mission que lui ont confiée nos compatriotes. Car c'est bien un mandat qui lui a été donné. Mandat d'appliquer, ne serait-ce qu'une partie même mince, même incomplète, du programme de salut public proposé par le Front National. A tort ou à raison, les électeurs ont, en effet, considéré le 22 avril dernier que Jean-Marie Le Pen ne pouvant être élu à la tête de l'Etat, mieux valait qu'une partie de son projet soit appliquée et mise en œuvre par un autre. Le vote Sarkozy a été, pour une large part, un vote Le Pen par détournement, organisé mais aussi accepté par les électeurs. La déception n'en sera que plus grande.

Le nouveau Président ne détient, en effet, aucune des clés nécessaires à l'ouverture des portes qui mènent à la reconstruction nationale. Incapable de remettre en cause le carcan de la commission de Bruxelles, d'enrayer la mécanique mondialiste du libre-échangisme, de sortir de la logique immigrationniste, celui qui se prépare à rejoindre l'Elysée est d'ores et déjà entré dans la chronique d'un échec annoncé.

La droite nationale vera-t-elle pour autant revenir mécaniquement vers elle le balancier de l'histoire ? Pour une part, oui, sans doute et, au-delà des prochaines élections législatives où il s'agira pour nous de faire face à la logique institutionnelle qui veut que l'on donne une majorité au Président nouvellement élu, le Front National sera rapidement en mesure de récupérer un pourcentage non négligeable de ceux de ses électeurs qui s'en étaient éloignés et qui viendront renforcer le socle solide et, je le crois, inentamable des presque quatre millions de Français qui ont voté Le Pen au premier tour.. Nous ne pouvons pourtant pas nous en contenter.

La seule légitimité du combat politique, c'est l'accession au pouvoir. Et c'est ce à quoi nous devons nous préparer, même si et probablement parce que nous venons, inutile de le nier, d'essuyer un revers qui n'est pas mince. Nous en connaissons les raisons extérieures qui tiennent à la séduction opérée par la danse des sept voiles menée par Sarkozy, des mois durant vers notre électorat droitiste que nous n'avons pas su conserver. Des raisons internes existent aussi et nous ne pourrons faire l'économie d'une réflexion sur notre organisation, nos structures, notre stratégie.

 Dès à présent, nous devons pourtant reprendre la route et le combat pour la bataille des législatives qui commencent. Nous devons le faire avec ardeur et détermination.

Les militants du Front National doivent savoir que, collectivement et individuellement, ils détiennent une part de notre avenir et qu'il n'est rien de plus urgent aujourd'hui que d'opérer un retour résolu sur le terrain. C'est aussi en nombre d'affiches collées, de tracts boités, de marchés visités que se joue une élection. Le moment est venu, et je ne cesserai de le dire, dans les prochains mois, de refaire du Front National le grand parti militant, attractif, magnétique, offensif, rassembleur et conquérant dont la France et les Français ont besoin. Inutile de pleurer sur le lait renversé et les batailles que l'on n'a pas gagnées. Seul compte l'avenir et, on le sait, il commence, non pas demain, mais aujourd'hui.

 

Jean-François Touzé

07/05/07

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