Dans le cadre de la série d'articles consacrés par Le Figaro aux responsables politiques impliqués dans les campagnes des candidats, nous reproduisons ici, intégralement, le portrait de Jean-François Touzé publié ce matin :
Publié le 28 février 2007
Touzé : l’homme qui prône le respect des "fondamentaux" frontistes…
Revenu au FN après une absence de dix ans, il craint une inflexion "populaire et anticapitaliste" dans le discours lepéniste.
IL A DE LONGUES conversations avec Jean-Marie Le Pen, ils évoquent leurs préoccupations communes : « L'autorité de l'État, l'idée de grandeur, de souveraineté », selon ses propres mots. Et il lui arrive de retrouver, quelques mois plus tard, dans un discours du président du FN, telle ou telle idée qu'ils ont évoquée ensemble. Jean-François Touzé a une position à part au Front national. Ne serait-ce que parce qu'il n'appartient pas au cercle des militants blanchis sous le harnais, comme les Carl Lang, Martial Bild ou Jean-François Jalkh entrés au FN avant leurs vingt ans. Il y est venu, l'a quitté, y est revenu. Et se réclame d'abord de la « confiance » de Jean-Marie Le Pen, et même de ses « liens filiaux » avec lui.
Né en 1953, passionné de jazz, il est, après ses études de lettres, critique musical jusqu'en 1981 (à Jazz hot, à Rock & Folk, à Radio France). Lui qui n'a jamais milité est saisi par la politique après avoir entendu Le Pen à la Mutualité en 1982 : il a, dit-il, « l'intuition » que celui-ci « va rassembler ». Il rejoint un FN alors embryonnaire, ce qui lui vaut d'y prendre aussitôt des responsabilités : avec Carl Lang et Martial Bild, il s'occupe de la campagne municipale de Jean-Marie Le Pen dans le XXe arrondissement de Paris en 1983 : première percée électorale avec 10 % des voix.
Il devient l'adjoint de Jean-Pierre Stirbois, le secrétaire général du FN d'alors, en 1983 et participe à la mise en place d'un véritable appareil de parti, participe aussi à la fondation de National Hebdo, en devient rédacteur en chef adjoint (1985), puis est secrétaire national aux adhésions (1986). Il y a alors des désaccords, « le sentiment de ne pas être tout à fait entendu », des susceptibilités froissées, sur lesquels il reste peu disert. « J'avais envie de voir du pays », affirme-t-il. Il voulait aussi « montrer à Jean-Marie Le Pen qu'il était quelqu'un avec qui il fallait compter ». Toujours est-il qu'en 1989 il se sépare du FN et crée un Parti national républicain qui n'a laissé qu'un vague souvenir dans les annales.
« Dans les bras l'un de l'autre »
Son absence dure dix ans. Il « vit sa vie » mais évite la brouille complète, garde des « liens d'amitié » au sein de la « droite nationale » et soutient Le Pen à la présidentielle de 1995. La comparaison avec Mégret plaide en sa faveur. Et l'hémorragie mégrétiste rend appréciable un éventuel retour de cet enfant prodigue. Carl Lang organise en 1999 une rencontre avec le président du FN. Sans rancune. « Nous sommes tombés dans les bras l'un de l'autre », explique Touzé.
Le voilà de nouveau dans le dispositif stratégique. Il anime en 2002 la cellule « Idées Image » à laquelle participe Marine Le Pen et qui établit les bases de la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen. Il s'engage, aux côtés de Marine Le Pen, dans la « dédiabolisation », la normalisation du FN, participe activement à « Générations Le Pen ».
Mais des divergences sont apparues récemment : à propos de l'union patriotique et du rapprochement avec Bruno Mégret, que Jean-François Touzé soutient, mais dont Marine Le Pen ne veut pas entendre parler. À propos aussi de l'axe de la campagne présidentielle, car il se méfie d'une inflexion « populaire », « anticapitaliste » du discours de Le Pen qui ferait oublier les « fondamentaux ».
1953 : naissance à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
1973 : hypokagne, licence de lettres. Devient critique musical.
1982 : adhésion au Front national.
1983 : adjoint du secrétaire général.
1986 : secrétaire national a ux adhésions et à la communication.
1993 : crée le Parti national républicain.
1999 : revient au Front national.
2003 : membre du bureau politique.
2004 : directeur de campagne de Jean-Marie Le Pen aux élections régionales et européennes.
2004 : conseiller régional d'Ile-de-France.
2006 : secrétaire national aux élus et directeur du pôle Idées Image.
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