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30.10.2006
CARNET DE CAMPAGNE, CHAPITRE 3
Samedi 28 octobre
Réunion de mon Bureau départemental à Rouen. Je fais un topo sur la Présidentielle, puis nous évoquons les signatures, les investitures pour les Législatives et la structuration de la fédération. Mais c’est avant tout à la préparation de la Convention BBR de la mi-novembre que nous nous consacrons. Entre une prise de parole à la séance plénière, l’animation de mon forum sur l’immigration, la participation à l’organisation, aux questions de presse et de communication, le stand de la Direction de campagne et la préparation du projet présidentiel qui sera l’armature du discours du Président, je m’efforcerai de passer le plus de temps possible à mon stand de Seine-Maritime. Je suis toujours frappé par le dévouement et l’abnégation de nos cadres et militants qui se dépensent sans compter pour faire, chaque année, de cette fête – et cette année de cette convention – un si grand succès. Le FN réel, c’est vous, mes camarades, et sa seule richesse tient en ses militants.
Dimanche 29 octobre
Cette fois-ci, les autorités avaient bien fait les choses. Prenant en compte les incidents de La Rochelle et des Herbiers (voir note précédente), devant la menace d’une forte mobilisation gauchiste et libertaire, le Préfet d’Indre-et-Loire nous avait assuré que les routes menant au site où devait se dérouler le banquet présidentiel seraient surveillées et protégées et que les mesures qu’imposent le simple respect de la loi et de l’ordre public seraient prises. Et, de fait, c’est sous une protection efficace et rigoureuse de la gendarmerie mobile, sans parler, une fois encore, de nos garçons du DPS qui étaient une bonne centaine, que les sept cents participants à la troisième réunion publique de cette campagne 2007 ont pu accéder à la Grange de Meslay, située à quelques kilomètres de Tours. Mobilisation sans doute un peu disproportionnée, mais l’on n'est jamais trop prudent, si l’on considère le dérisoire regroupement d’une cinquantaine de braillards constituant sans doute le ban et l’arrière ban de la gauchardinerie locale, laquelle avait pourtant soigneusement préparé son affaire depuis plusieurs semaines, au sein d’un « collectif » d’une vingtaine d’associations. A peine trois manifestants par « assoces »… La révolution n’est plus ce qu’elle était.
Notre ami Jean Verdon, régional de l’étape, est un homme qui sait recevoir et ne ménage, pour assurer la réussite d’une manifestation, ni son temps ni son énergie, travaillant avec minutie chaque détail.
Le choix de la Grange de Meslay, site magnifique datant du 13ème siècle, s’ouvrant sur un porche monumental doté d’une triple archivolte en plein cintre surmonté d’une tour carrée à deux étages, relève de cette recherche scrupuleuse. Entouré de l’ensemble des élus de la région Centre, Philippe Loiseau, Joël Dautrême, Michel Hubault, Armelle Gantier, Miguel de Peyrecave, Véronique Jamet et Jean-Lin Lacapelle – Jean d’Ogny, sortant d’une légère intervention chirurgicale, avait dû à son grand dam s’excuser -, Jean Verdon accueille vers 12 heures 30 le Président pour un point de presse en plein air, sous un soleil d’automne presque chaud, occasion pour Jean-Marie Le Pen de commenter les graves incidents survenus la nuit précédente à Marseille, et de prôner la sévérité la plus absolue à l’égard des fauteurs de trouble, y compris, si demain cela s’avérait nécessaire, en autorisant les forces de l’ordre à faire usage de leurs armes.
Comme c’est de tradition désormais, une partie du discours du Président fut consacrée à un développement thématique, fait de constats, d’analyses et de propositions. Région céréalière, avec en particulier sa plaine de la Beauce, le Centre se prêtait bien évidement à un discours sur l’agriculture. Rappelant aux paysans que ce n’est pas seulement là le Candidat à l’élection présidentielle qui s’exprime, mais aussi « l’un des leurs, petit-fils, arrière-petit-fils d’une lignée sans fin de Le Pen, paysans de Bretagne, où, même lorsqu’avec mon père on quitte la terre pour le chalut du pêcheur, on reste laboureur de la mer », Jean-Marie Le Pen va dire aux agriculteurs qui doutent sa certitude que, si une volonté politique le décide, « un grand avenir économique se prépare » pour eux : « A l’est, dans le sous-continent indien et plus loin encore, jusqu’à la Chine, en marche forcée vers la puissance, le matin des paysans arrive. Et c’est à préparer les jeunes agriculteurs de France à ce grand rendez-vous planétaire, prêts à répondre à l’appel d’offre alimentaire géant que la Chine, l’Inde et l’Asie vont lancer, que je vais consacrer ma présidence ». S’en suivent neuf mesures précises et volontaires que va développer le Candidat national.
Cet exercice programmatique accompli, c’est un Le Pen particulièrement en forme qui descend ensuite dans la salle, allant de tables en tables, s’adressant à tous et à chacun pendant plus d’une heure encore, faisant huer les noms de Sarkozy, Royal et Chirac.
La nuit commence à tomber lorsque nous quittons en cortège présidentiel de quatre voitures la Grange de Meslay, pour rejoindre les studios de France 3 Orléans où Jean- Marie Le Pen doit s’exprimer en direct sur le plateau du journal de 19 heures.
Les sourires des « Mobiles » que nous saluons à notre passage ne trompent pas, non plus que l’efficacité des Deux motards de la Gendarmerie nationale qui nous ouvrent la route : presqu'insensiblement, les déplacements de campagne de Jean-Marie Le Pen prennent désormais des allures de déplacements officiels. Ce n’est déjà plus le Président du Front National qui parcourt les routes ; ce n’est pas encore le Président de la République… Mais quelque chose est en train de s’accomplir qui ressemble à une montée inéluctable vers les responsabilités du pouvoir.
Jean-François Touzé
30/10/06
21:10 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, droite nationale, fn, front national, Le Pen, France, UMP




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