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29.03.2006
DECOMPOSITION...
« Il n’est pas de problème si complexe qu’une absence de solution ne vienne résoudre »… Dominique de Villepin, en bon élève de Jacques Chirac, a peut-être choisi, dans l’embrumissement romantique de son esprit tumultueux, d’appliquer la devise du petit père Queuille, véritable maître à penser de l’actuel locataire de l’Elysée, et de laisser la situation pourrir dans l’espoir de voir les syndicats se diviser, les étudiants et les lycéens se démobiliser, partir en vacances, préparer leurs examens. Pour le Premier ministre au destin si évidemment glorieux, la jeunesse, n’est-ce pas, est si versatile et le peuple si moutonnier…
Ce serait un mauvais calcul. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, ce n’est pas un mouvement social, ce n’est pas la matérialisation d’une contestation ou du refus d’une loi qu’il suffirait de négocier, voire d’en suspendre l’application, pour que revienne le calme et que cessent les troubles. C’est une crise de régime.
Tous les éléments en sont en effet réunis : des institutions ruinées, un corps social disloqué, une économie ravagée, des émeutes répétées, une classe politique discréditée, un horizon national ténébreux, une situation internationale dégradée et anxiogène…Comparaison n’est certes pas raison, mais nous ne sommes pas en décembre 1995, pas même en mai 1968, nous sommes en 1958.
Dès lors, peu importe que le Conseil constitutionnel valide ou pas la création du CPE ; qu’il émette ou pas des réserves qui permettraient à Chirac de soumettre la loi sur l’égalité des chances à une nouvelle lecture parlementaire ; peu importe même une éventuelle démission de Villepin qui ne changerait pas plus la donne, pour la survie de l’Etablissement, que ne la changea celle de Pflimlin il y a quarante-six ans ; peu importe que Sarkozy tente de tirer du feu les marrons moisis du système agonisant; peu importe enfin que la gauche se croit à nouveau en position de se faire entendre par le pays… Le régime se décompose sous nos yeux et tout devient possible.
Dans une semaine, dans un mois, dans un an, le Pays a rendez-vous avec la Droite nationale.
Jean-François Touzé
29/03/06
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