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27.03.2006

FACETIES COMMUNAUTAIRES...

Pendant la crise, les exactions continuent… Entre deux manifs, la pègre des cités ne reste pas inactive. On sait que chaque nuit, en période « calme », une centaine de voitures sont brûlées dans nos villes et nos banlieues, tandis que sept mille bâtiments publics sont incendiés chaque année... Depuis trois semaines, profitant de l’agitation anti-CPE, les bandes communautarisées s’en donnent à cœur joie, redoublant de facéties et d’inventivité dérivative, en attendant le moment d’une explosion plus large, plus joyeusement pyrotechnique et sans doute plus sanglante. Le gouvernement redoutait la grève générale, il pourrait bien avoir la casse généralisée. Et, à terme, un "grand soir" insurrectionnel d'un type nouveau au goût, d'ailleurs, que Marx n'avait pas théorisé.

 

C’est ainsi que, vendredi dernier, le centre-ville de Saint-Denis (93), dont la municipalité organisait par ailleurs deux jours plus tard un référendum illégal sur le vote des étrangers, a été, pendant tout un après-midi, livré au pillage et à la violence, gratuite ou d'« acquisition » pour reprendre le si pudique, si euphémique et finalement si évocateur langage administratif. Plus de deux cents « jeunes » ont investi les rues piétonnes, brisant les vitrines, saccageant le mobilier urbain, pillant les magasins, agressant passantes et passants, semant la terreur quatre heures durant sous le regard impuissant de quelques policiers visiblement désemparés. Sans doute s’agissait-t-il là de la matérialisation de cette « crise profonde de notre société qui ne croit plus en sa jeunesse », dont parlait ce lundi au micro de Jean-Pierre Elkabbach, sur Europe n°1, Bruno Julliard, le président de l’UNEF.

 

Jeudi, sur l’esplanade des Invalides, ils étaient plus de deux mille à « manifester leur angoisse »… Vivement demain. 

 

Jean-François Touzé

27/03/06



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