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24.03.2006

LA FRANCE AU PIED DU MUR...

Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre. Engagé dans une impasse, atterré devant la montée des violences, soutenu par sa majorité comme la corde soutient le pendu, Dominique de Villepin se prépare au « repli stratégique » en espérant ne pas perdre une face pourtant déjà largement écrabouillée. Chronique d'un recul annoncé...


La petite histoire du quinquennat sera sans doute sévère avec ce Premier ministre enfermé dans ses illusions et son narcissisme, qui n’a pas voulu voir que la faiblesse même du pouvoir chiraquien lui interdisait la moindre fermeté dans la mise en œuvre des réformes. Elle dira l’aveuglement d’un homme qui, décidé à tout faire pour écraser son rival avant les échéances de 2007 en lui prenant l’essentiel de son oxygène, a voulu occulter les risques qu’il faisait prendre à la France en agitant le chiffon rouge de la précarité devant une jeunesse déboussolée et prête à toutes les aventures. Elle soulignera enfin l’imbécile contentement de soi qui l’a fait dépasser les mises en garde venues de tous les horizons, devant le risque de voir la racaille des banlieues profiter des manifestations étudiantes, des grèves et des troubles pour déclencher, quatre mois seulement après les émeutes de novembre, une nouvelle insurrection des banlieues, cette fois si l’on ose dire « délocalisée » puisque s’étendant aux centres-villes.

 

Les scènes de violences et de pillages qu’ont connues de nombreuses villes de France jeudi soir, et singulièrement sur l’esplanade des Invalides à Paris, ouvrent la voie à des évènements autrement plus graves que ceux auxquels nous avons déjà  assisté. Les agressions commises sur les petits étudiants blancs par des centaines de « jeunes » casquettés, foulardisés, cagoulés, feront peut-être réfléchir les plus timides qui ne redescendront plus dans la rue… En ce cas, la racaille aura été la plus amicale alliée du gouvernement. Peut-être ! Mais la venue d’une crise majeure est inéluctable. Elle se déroulera dans les jours, les semaines ou les mois qui viennent, mais elle est certaine. Ceux qui ont pris goût à l’émeute en novembre et renouent avec ses délices en mars, ne s’arrêteront plus. Aucun plan d’égalité des chances, aucune politique de la ville, chapitre 1234, ne parviendra plus à retarder les échéances. La France est au pied du mur.

 

Le CPE sera retiré, suspendu, défait de sa substance… Et après ? La société sera toujours aussi bloquée, les jeunes toujours aussi angoissés, la démocratie aussi bafouée, la République aussi abaissée, la nation aussi divisée… Et des cités communautarisées montera chaque jour plus fort le grand cri de la haine antinationale. Jusqu'à l’explosion. Nous ne souhaitons pas cela à notre pays. Nous voulons éviter ces malheurs à nos compatriotes. Dans treize mois, nous offrirons aux  Français une chance historique. Encore une fois, Le Pen vite !

 

Jean-François Touzé

24/03/06

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