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20.03.2006
IMPUISSANCE...
Et voici venu le temps de l’ultimatum ! Pour les syndicats politisés dont on sait le degré de « représentativité » dans notre pays, la règle du « ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous est négociable » continue de s’appliquer. Le choix laissé au gouvernement est donc des plus larges : suppression immédiate du CPE puis négociations, à condition, bien sûr, qu’elles soient menées dans un esprit d’ « ouverture sociale », ou suppression du CPE, avant d’entamer des négociations qui, etc., etc.…Faute de quoi, ce sera la multiplication des manifestations et le recours à la grève générale, avec en perspective la paralysie du pays et la jonction historique entre camarades étudiants, camarades syndiqués et camarades racailles, représentants d’une jeunesse exploitée et déracinée qui aspire à la « reconnaissance » et surtout au « respect ».
Je sais, et je n’ai pas attendu l’actuel gouvernement pour l’écrire, la nécessité de réformes profondes dans notre pays. Le CNE et le CPE ne sont à cet égard que cautères sur jambes de bois. Les charges qui écrasent nos entreprises, le carcan administratif qui les étouffe et le dogme de la globalisation constituent les trois figures de l’hypostase socialisante. Pour s’en défaire, une volonté politique sans faille doit exister. Ce n’est, à l’évidence, pas au sein de l’actuel pouvoir chiraco-villepino-sarkozien qu’on la trouvera. Ce gouvernement n’a pas seulement péché par défaut de dialogue avec les partenaires sociaux et par son passage en force, grâce au 49/3, devant une Assemblée nationale illégitime puisque non représentative des millions de Français qui ont voté aux Législatives de 2002 Front National. Il a d’abord péché par imprévoyance et arrogance et continue de le faire par impuissance.
Impuissance à imposer une loi, certes dérisoire mais une loi quand même, face à la rue et à la chienlit. Impuissance à faire respecter le droit de centaines de milliers d’étudiants à suivre leurs cours et préparer leurs examens. Impuissance à résister durablement aux syndicats politisés. Impuissance à mater les casseurs comme il fut impuissant, en novembre dernier, à faire régner l’ordre dans les banlieues.
Nous ne nous ferons pas les défenseurs de ce CPE, leurre sur lequel il est d’autant moins utile de s’attarder que, déjà, le pouvoir chiraquien se prépare à l’abandonner, reculant une fois de plus en rase campagne. Les électeurs sincères de la droite apprécieront. Qu’ils sachent que la Droite nationale, si elle est responsable et attentive aux équilibres du pays et à sa diversité sociale, elle, ne recule pas.
Nous ne nous ferons pas les défenseurs d’un régime en état de coma dépassé. A la jeunesse de France, nous disons : « Tous, droite comme gauche, vous ont menti. Tous portent la responsabilité de la situation économique, sociale, morale, identitaire, catastrophique dans laquelle se trouve notre pays, situation qui obère vos chances et brouille votre avenir. Une autre voie est possible, d’autres choix peuvent être faits, d’autres décisions peuvent être prises. Réfléchissez avec nous à ce que pourrait être une France des libertés, de la sécurité et de la vraie modernité, celle qui n’oublie pas le passé et qui dessine les contours de ce que peut être l’esprit national du troisième millénaire ».
Jean-François Touzé
20/03/06
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