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16.03.2006
CRISE MAJEURE...
Des étudiants qui jouent à la « révolution de mai » tout en affichant leur ironie à l’égard des « grands anciens », ceux de 68 bien sûr, mais aussi de 83, de 86 ou de 93, nécessairement accusés d’embourgeoisement, des lycéens qui se lancent à leur tour dans le grand monôme pré-printanier, des présidents d’université qui ressortent leurs casquettes de collabos gauchardins, des amphis rebaptisés « Rosa Luxembourg » ou « Joëlle Aubron », des révolutionnaires professionnels qui encadrent l’agitation et organisent les manifs, des syndicats qui saisissent l’occasion qui leur est donnée de renverser les rapports de force à l’intérieur des grandes centrales, des coordinations qui fleurissent dans toute la France, des sans-papiers et des intermittents du spectacle qui viennent renforcer les occupations de facs, bientôt les « casseurs » qui ne manqueront pas de descendre des banlieues... La mobilisation anti-CPE est, peu à peu, en train de changer de nature.
Le gouvernement de Villepin et Sarkozy, en croyant pouvoir passer en force au Parlement, sans négociations avec les partenaires sociaux, a commis une lourde erreur dont le pouvoir chiraquien risque de ne pas se relever.
La preuve est faite depuis longtemps de l’incapacité des pouvoirs faibles à engager les réformes dont le Pays a besoin. L’adaptation et surtout la simplification des conditions d’embauche, constituent à l’évidence des priorités absolues pour des entreprises écrasées par les charges et enfermées dans un carcan administratif redoutable. Villepin est en passe de faire la démonstration – mais, à vrai dire, cela n’étonnera que les naïfs – qu’il n’est pas l’homme de la fermeté, seulement de la rigidité.
La majorité des étudiants empêchés de suivre leurs cours et de préparer leurs examens dans de bonnes conditions, soumis à un terrorisme intellectuel et souvent à la violence physique, sont une fois de plus otages d’une poignée de gauchistes devant qui le pouvoir a d'ores et déjà reculé.
Les ingrédients sont réunis d’une crise majeure. En 1968, la Droite nationale n’existait pas en tant que force politique organisée et nos amis furent contraints de regarder en spectateurs les événements qui se déroulaient sans eux, et quelques-uns, devant l’ampleur de la « chienlit », crurent bon de se faire les défenseurs du régime menacé. Il en va tout autrement aujourd’hui, où le Front national constitue le recours.
Jean-François Touzé
15/03/06
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