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23.02.2006

"AUTODEFENSE DE L'OCCIDENT"

Loin des utopies oecuménistes et relativistes qui l’ont trop souvent emporté vers des rivages périlleux, le Vatican s’éveillerait-il aux menaces réelles de ce début de troisième millénaire ? Les propos tenus mercredi par Monseigneur Velasio de Paolis, membre éminent de la Curie, semblent l’indiquer.


Revenant sur l’affaire des caricatures, le prélat romain s’est en effet inquiété : « Si tendre l’autre joue signifie renoncer à être soi même, il y a en effet danger (…); le problème principal, c’est que l’Islam est fermé au point de ne pas admettre la réciprocité, et que la limite de l’Occident est qu’il parle de ses valeurs mais qu’ensuite, parce qu’il a besoin de commercer avec la Chine et du pétrole islamique, il ferme les yeux, comme il l’a fait autrefois avec Hitler ; le risque est que les musulmans dialoguent tant qu’ils restent une minorité en Occident, mais après, qu’en sera-t-il des valeurs chrétiennes ? ». Et Monseigneur de Paolis d’estimer que, dans ces conditions, « l’autodéfense de l’Occident est un devoir ».

 

Cette déclaration du Secrétaire au Tribunal suprême de la signature apostolique, théologien très proche de Benoît XVI,  venant après celle du « ministre des Affaires étrangères » du Vatican, Monseigneur Lajolo, dénonçant la forte croissance des violences faites aux Chrétiens dans le monde musulman, n’est pour l’heure qu’un îlot minuscule dans l’océan d’une politique pontificale encore lourde des restes de Vatican 2. Il n’en reste pas moins qu’elles sont de nature à déclencher une prise de conscience chez nombre de fidèles qui, depuis longtemps, ne savent plus, si l’on ose dire, à quel saint se vouer.

 

Au-delà de l’Eglise, c’est un sursaut encore hésitant mais bien réel que l’on sent en passe de naître dans les âmes et les esprits des Européens. Un sursaut qui, pour ceux qui croient au ciel comme pour ceux qui n’y croient pas, est d’essence spirituelle autant qu’il est déclenché par un simple instinct de survie.

 

C’est le souvenir diffus et trop longtemps enfoui de notre grandeur, de notre histoire, de notre mission française et européenne, qui crée les conditions de ce réveil possible et peut-être déjà entamé.

 

Jean-François Touzé

23/02/06

 

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