« LE GRAND REMEDE | Page d'accueil | "AUTODEFENSE DE L'OCCIDENT" »
22.02.2006
DU CIRQUE A LA REALITE...
Lamentable spectacle que celui donné mardi à l’Assemblée par une représentation nationale indigne de ce nom, puisque ni représentative ni bien sûr nationale.
Loin des joutes oratoires du passé où les tribuns du peuple s’empoignaient au nom de causes supérieures et d’idées qu’ils savaient défendre parfois au risque de leurs vies, les députés d’aujourd’hui, lourds de leurs agapes de midi quarante-cinq chez Françoise (sa fricassée de cèpes, son rizotto de homard…), ne s’invectivent plus que par la grâce du Sancerre rouge domaine de la Moussière servi frais, mais pas trop, et de la prune de Souillac.
Minables chahuts, dérisoires étripages verbaux, le Palais Bourbon, dont l’hémicycle a été un instant évacué hier sur décision de Jean-Louis Debré pour cause de troubles à l’ordre parlementaire, tient désormais d’avantage du cirque que de l’enceinte politique républicaine.
L’alibi du jour, pour se faire remarquer, était la situation sanitaire de la Réunion soulevée par le socialiste Jean-Marie Le Guen.. Mais tous les esprits étaient tournés vers la motion de censure déposée par le PS contre la politique sociale du gouvernement, avec, en toile de fond, la mise en œuvre du CPE, version « jeune » du CNE, lui-même prélude à la disparition du CDI et à l’établissement d’un contrat de travail unique permettant à l’employeur de licencier tout salarié pendant deux ans sans préavis ni indemnités.
Personne ne conteste la légitimité d’aller vers plus de flexibilité de l’emploi. Personne, surtout, ne peut douter de la nécessité pour les Français de travailler plus et plus longtemps. Mais l’hypocrisie, pour ne pas dire la duplicité, dont fait preuve en la matière le Premier ministre ne peut le mener qu’à l’échec. Le grotesque psychodrame auquel se sont de bonne grâce livrés les députés UMP et PS, aussi prompts les uns que les autres à jouer le jeu de la diversion, ne peut faire oublier les réalités.
Car, pendant que ces petits messieurs à plumes se vautrent dans le ridicule de leurs ébats si passionnés, la situation économique et sociale de la France ne cesse de se dégrader. Pour preuve, l’annonce faite au même moment d’une hausse de 5 % du nombre de faillites d’entreprises en 2005, succédant aux augmentations enregistrées en 2003 et 2004, respectivement de 4 et 3 %. Sans revenir sur les chiffres du commerce extérieur (26 milliards d’euros de déficit), de la dette et des déficits budgétaires et sociaux, non plus que sur la persistance d’un chômage de masse, l’inévitable développement exponentiel des délocalisations, la guerre pétrolière déjà largement déclenchée, ou la pression mortifère de l’immigration, comment ne pas voir que tout concourt si rien n’est fait, si aucune solution n’est apportée, si aucune volonté politique ne s’applique rapidement, à un effondrement dramatique, pareil à celui que connut il y a peu de temps l’Argentine.
Les solutions existent. Elles ne relèvent en rien du choix du contrat de travail mais passent par une révolution structurelle de notre économie, par un plan rigoureux de limitations des dépenses de l’Etat ailleurs que dans ses pouvoirs régaliens qui, eux, doivent être renforcés, par la diminution des charges qui asphyxient les entreprises, par une politique d’arrêt, puis d’inversion de l’immigration, par une protection donnée à nos entreprises avec la recherche et l’élaboration d’un vaste marché continental autocentré et solidaire englobant la Russie.
Nous voilà bien loin du Palais Bourbon, de ses tapages intérieurs qui ne résonnent nulle part et de ses amusements onanistes. Nous sommes dans la Politique. Celle que nous mènerons dès que nous aurons accédé aux responsabilités.
Jean-François Touzé
22/02/06
23:50 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





Les commentaires sont fermés.